Le 2 novembre 1979, Jacques Mesrine tombait sous les balles de la police, porte de Clignancourt, à Paris. Fin d'une longue cavale pour l'ex-ennemi public numéro 1, dont le parcours est retracé dans le film de Jean-François Richet qui sort aujourd'hui. Légitime défense de la police ou exécution ? Depuis près de 30 ans, la polémique n'a jamais vraiment cessé. Quelques minutes après la fusillade, porte de Clignancourt, le commissaire Broussard, responsable des opérations, lâche ces quelques mots (extrait archive de 1979). « Il a voulu sortir une grenade. Nous avons tiré », déclare le commissaire Broussard, qui ne souhaite plus s'exprimer aujourd'hui sur cette affaire. Il a toujours affirmé que ses hommes, cachés dans un camion bâché, avaient agi en état de légitime défense, après les sommations règlementaires, comme il le réaffirme, lors d'un débat très animé sur France-Culture, le 10 février 97 (extrait archive de 1997). Mais la version d'un Robert Broussard, témoin des tirs et des sommations, est contredite par le commissaire Lucien Aimé-Blanc, patron de l'OCRB, l'office central de répression du banditisme. Il était présent dans la même voiture que Broussard, à quelques dizaines de mètres de la fusillade (interview). Pour Charles Pellegrini, en revanche, lui aussi membre de l'OCRB, c'est Mesrine, et lui seul, qui a signé d'un geste son arrêt de mort (interview). La famille de Jacques Mesrine dépose immédiatement une plainte pour « assassinat ». L'instruction, rouverte en mars 2000, débouche finalement sur un non-lieu, en octobre 2004. Pour Martine Malinbaum, l'ex-avocate du gangster, puis de son fils Bruno, Jacques Mesrine n'a pas eu le choix (interview). Parmi les témoins qui ne sont pas policiers, Guy Peynet, l'ancien patron du bar, « Le Terminus », situé porte de Clignancourt. Pour lui, il n'y a pas eu de sommations (interview). Geneviève Adrey, elle, se trouvait dans une cabine téléphonique ce jour là, avec une amie. Elle ne s'est encore jamais exprimée publiquement, terriblement marquée par la fusillade (interview). L'avocate de la famille Mesrine a déposé un recours devant la Cour européenne de justice. La seule chose à peu près certaine, selon les témoignages, c'est que Mesrine a bien esquissé un geste, au moment de l'intervention. Mais quel geste ? Le mystère reste entier... Un reportage de Benoît Collombat.

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[Page spéciale Jacques Mesrine](http://www.radiofrance.fr/franceinter/ev/fiche.php?ev_id=568 "brbr /

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