Par Nour-Eddine Zidane C'était il y a tout juste un an, quasiment heure pour heure : plusieurs pelleteuses avaient détruit ce qu'on a surnommé la "jungle", vaste bidonville à ciel ouvert dans la ville de Calais. Un lieu qui avait accueilli jusqu'à plus d'un millier de migrants en situation irrégulière. L'opération, annoncée de longue date, avait été très médiatisée, si bien que "seules" 276 personnes avaient été interpellées avant d'être, pour la plupart, relâchées. Un succès, malgré tout, pour Eric Besson à l'époque. Outre la destruction d'un campement insalubre, le ministre de l'Immigration disait avoir aussi visé une plaque tournante des filières clandestines. Alors aujourd'hui, il n'y a plus de camp sur cet espace, situé dans une zone industrielle près du port. Toutes les tentatives de reconstitution ont été annihilées par les forces de l'ordre. Aujourd'hui, on trouve ces migrants en centre ville. Des dizaines de personnes tout au plus, cachés dans des maisons abandonnées ou des entreprises désaffectées. C'est le quotidien d'Adel, un Erythréen de 24 ans. La police, qui démantèle régulièrement ces squats, avec parfois des arrestations à la clé. Direction le centre de rétention de Coquelles. Une présence très visible, parfois même près des lieux de distribution des repas organisés, entre autres, par l'association Salam présidée par Jean-Claude Leclercq. Est-ce que cette pression a dissuadé les migrants ? Elle les a, en tout cas, éparpillés sur tout le littoral. On parle d'une quinzaine de camps, dans le Calaisis donc, plus au nord dans le Dunkerquois. Des exilés dont le profil a évolué : moins d'Afghans et une très grande majorité d'Africains. Soudan, Ethiopie, Erythée. Mais à Calais, les migrants sont beaucoup moins nombreux selon la maire UMP Natacha Bouchart. Alors, en un an, y a t-il eu des évolutions à ce sujet ? Des douches, un espace pour la distribution des repas, mais pour Jean-François Roger, intervenant social à France Terre d'asile, l'hébergement reste le principal souci pour les demandeurs d'asile, toujours aussi nombreux : 900 en 2009 et déjà 700 depuis le début de l'année. Un éparpillement qui complique le rôle des humanitaires avec, selon Mathieu Quinette de Médecins du monde, un effet inverse à celui recherché par les autorités.

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