Première table ronde aujourd'hui du Grenelle des antennes, qui rassemble des représentants d’opérateurs de téléphonie mobile, d’usagers, de collectivités locales et de l'Etat. Le gouvernement veut sortir de l'impasse : calmer l'opposition des riverains, sécuriser l'utilisation du portable et l'installation des antennes relais. « Vous dépassez les bornes où plutôt les normes d'exposition aux ondes électromagnétiques ! » Voilà ce que clament les associations de riverains d'antennes relais. Alors que les opérateurs affirment qu'ils sont en moyenne à un volt par mètre. Direction Angers, au pied d'une HLM dont le toit supporte 6 antennes relais. Eric Damasse est ingénieur au CRIREM, le Centre de Recherche et d'Information Indépendantes sur les Rayonnements ElectroMagnétiques. Le CRIREM invoque une loi sur la protection des appareils électriques pour demander l'abaissement des seuils (interview). 3 volts pour ne pas nuir au fonctionnement des appareils électriques, jusqu'à 61 volts autorisés pour protéger les hommes. Cherchez l'erreur disent les associations de riverains des antennes. Le CRIREM est submergé de demandes : « Venez mesurer chez moi ! Venez nous aider à combattre un projet d'implantation ! » A 30 kilomètres au sud d'Angers, à Notre-Dame d'Alençon, le clocher de l’église a échappé à une antenne relais. A quelques mètre de l'église : une école. Pas question d'accepter une antenne sur le clocher de l'église. Madeleine Cassegrain est la présidente de l'association qui a fait annuler le projet par la justice (interview). Le jugement, rendu le 5 mars dernier, a fait l'effet d'une bombe. La justice administrative a explicitement agi au nom du principe de précaution. Une première pour Maitre Denis Seguin qui a défendu les riverains (interview). Le principe de précaution signifie qu'on n'a PAS de certitude sur les effets sanitaires des antennes relais. Pas de certitude en effet et c'est aussi au nom de ce principe de précaution que les associations réclament une baisse des seuils d'exposition. Techniquement, c'est possible mais ça ne réglerait rien, selon Jean-Marie Danjou, Délégué Général de l'Association Française des Opérateurs de téléphonie mobile (interview). Ces arguments sont récusés par les opposants aux antennes. Ils remarquent juste que multiplier les antennes coûterait cher aux opérateurs et que cela pourrait expliquer leurs réticences. Tous vont se retrouver dans un peu plus de deux heures au ministère de la santé. On attend les conclusions du Grenelle à la fin du mois de mai. Un reportage de Nathalie Fontrel.

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