Par Carine Bécard Pour la première fois depuis 1958, la Gauche pourrait décrocher la majorité au Sénat. Les élections ont lieu en septembre prochain et jamais, depuis le début de la Vème République, les chances de l'opposition n'ont été aussi sérieuses. Les socialistes en rêvent déjà et ils savoureraient d'autant plus cette revanche, qu'elle est attendue 6 mois avant deux autres scrutins : présidentiel et législatif. Bref, à Gauche comme à Droite, la bataille pour la seconde chambre est belle et bien lancée. Pour l'instant, chaque camp fait ses comptes -et pas forcément ceux auxquels vous pensez -. Les sénateurs sont élus par ceux que l'on appelle de grands électeurs. A 95%, ce sont des élus des communes et à 5%, ce sont des conseillers généraux, régionaux et des députés. Voilà pourquoi la Gauche se montre optimiste. Toutes ces dernières élections -municipales, cantonales et régionales- les socialistes les ont gagnées. Autrement dit, mathématiquement, le PS et ses alliés peuvent espérer l'emporter. Interview de Jean-Pierre Bel, sénateur de l'Ariège et président du Groupe socialiste au Sénat La Gauche est persuadée également que le contexte politique lui sera favorable : disparition de services publics, réforme territoriale, suppression de la taxe professionnelle, tout cela pourrait peser lourd dans le bilan de la majorité. Et Gérard Larcher, sénateur UMP des Yvelines, a conscience qu'il pourrait être le premier président du Sénat à faire perdre son camp. Interview de Gérard Larcher - Calculs ou pas, tout le monde convient, en revanche, qu'il faut de "bons" candidats ! Sauf qu'à Gauche, les tractations sont compliquées avec les communistes, dans le Nord, le Pas-de-Calais, le Val-de-Marne et les Yvelines et plus tendues encore avec les Radicaux, qui refusent de s'exprimer sur la cuisine interne ! A Droite, le temps est aux nominations, pour éviter les candidatures risquées ou dissidentes. Le sénateur Michel Thiollière par exemple, spécialiste des questions audiovisuelles, vient d'attérir à la Commission de Régulation de l'Energie. Sacrée bataille en coulisse donc, car l'enjeu, cette fois, est de taille. Interview du constitutionnaliste Guy Carcassonne Avant les élections sénatoriales en septembre prochain le scrutin cantonal, au printemps, donnera de premières indications. Une victoire de la Gauche renforcerait, légitimement, l'espoir des socialistes de s'installer à la tête de la Haute assemblée et de constituer alors, un frein à la politique menée par Nicolas Sarkozy.

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