Les négociations reprennent aujourd’hui à 11h en Guadeloupe, 16h, heure de Paris, entre patronat et syndicats, sous la houlette du préfet de l’île et des deux médiateurs du gouvernement. Le calme est revenu en Guadeloupe, mais la jeunesse, notamment, semble toujours prête à s’embraser, une jeunesse, très hétéroclite. Difficile de dresser un portrait type des moins de 25 ans. Mais des chiffres viennent donner un aperçu tangible, et terrible, de la situation. Cette jeunesse, qui représente la moitié de la population guadeloupéenne, est frappée plus que les autres actifs par le chômage : 40 % des moins de 25 ans sont sans emploi, et ce chiffre grimpe même à presque 50 % chez les jeunes femmes. Dans certains quartiers, il frôle les 80%. Alors comment expliquer ce taux de chômage record ? Pour le maire de Pointe à Pitre, Jacques Bangou, l’une des explications est la discrimination dont est victime cette jeunesse (interview). Face à leur avenir, ces jeunes ne sont pas tous en colère et désespérés. Jérôme par exemple, 23 ans, fait des études pour devenir prof de sport. Il vit dans un quartier populaire de Pointe à Pitre, à Laurisicque. Jérôme sait qu’il a peu de chances de trouver des débouchés dans son secteur en Guadeloupe, mais il refuse de céder à la victimisation (interview). Réaliste, Emilie l’est aussi. Cette métro de 24 ans habite depuis 12 ans en Guadeloupe. Elle vit avec un guadeloupéen. Ils attendent un enfant dans les jours qui viennent. Seul son compagnon travaille, il gagne 980 euros par mois, alors la vie chère et les fins de mois difficiles, Emilie a l’habitude (interview). D’autres jeunes n’ont plus aucun espoir. Cette jeunesse sans futur, on la rencontre dans les bidonvilles de Pointe à Pitre. Des dédales de ruelles, où s’accrochent des maisons faites de tôle et de parpaing, sans tout à l’égout pour la plupart. Des déchets jonchent le sol en terre battue, on y croise des poules, des chats et des chiens errants. On est ici au cœur d’une économie parallèle, où beaucoup vivent du trafic de stupéfiants (interview). Pour tous ces jeunes qui ne voient pas d’autre avenir que le deal, le maire de Pointre à Pitre demande un plan Marshall, pour redonner des rêves à ceux qui n’en ont plus. Un reportage de Delphine Gotchaux et Philippe Leduc en direct de Pointe à Pitre.

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