Le MIDEM, le Marché de l’Industrie du Disque et de l’Edition Musicale, fête ses 40 ans à Cannes, avec cette année, en toile de fond, toujours le piratage de la musique et, pour la France, un débat très agité autour du projet de loi sur les droits d’auteur dans la société de l’information. Au cœur du débat : 2 amendements votés le 21 décembre dernier qui légalisent « les échanges peer-to-peer », en leur associant une sorte d’abonnement. Un abonnement appelé « licence globale » et qui n’est pas du goût de tout le monde dans la filière musicale. A Cannes, au milieu du business, on en parle beaucoup. On y fait d'abord du buisness, et cette année, on comprend qui sont les nouveaux maîtres du monde de la musique en ligne : ce sont les opérateurs de téléphone qui sont très offensifs au Midem. Mais entre deux rendez-vous buisness, on discute et c’est vrai que le débat franco-français sur cette licence globale intrigue même les Américains. Car, nous serions les seuls au monde à avoir trouvé l’idée géniale qui va combattre le manque à gagner dû à la piraterie et cette idée, c’est la Licence Globale, une sorte de redevance facultative. L’internaute paierait entre 2 et 7 euros par mois et pour ce prix, il pourrait télécharger depuis sa chambre toute la discothèque mondiale ! Alors qui défend ce projet ? L’Adami et la Spedidam qui regroupent des centaines de musiciens-interprètes. Les internautes et les consommateurs. Julien Dourgnon, de l’UFC Que Choisir, sort la calculette de sa poche. Pour lui, ce projet n’est pas délirant (interview). Du côté des producteurs, majors mais aussi indépendants, c’est la colère ! Pour eux, ce projet est démagogique et suicidaire pour la création. Dans son bureau, Stéphane Bourdoiseau, président des producteurs indépendants, et devant lui : une pile de disques de Pauline Croze, l’une de ses jeunes artistes (interview). La très très grande majorité des artistes dénonce cette licence globale, de Johnny à Vincent Delerm en passant par Cali, M, Diams ou Alain Chamfort. Pour le chanteur de "Manureva", la licence globale c’est le naufrage assuré des artistes. Alain Chamfort devant sa table de cuisine (interview). Et il y a urgence. En France, cette année, on a téléchargé plus d’un milliard de titres et on en a payé 2% ! Problème : 38% seulement des internautes se disent prêts à payer la musique. Illustration avec Cédric, Rachel et Olivier. Tous leur i-pod dans les oreilles (interview). Et oui, le problème, c’est que les jeunes ont le sentiment d’avoir déjà payé très cher leur abonnement à internet. Alors question : pourquoi on ne taxe pas les fournisseurs d’accès à internet ? Le délégué général de l’Association des fournisseurs d’accès, Gilles Markovitch, a accepté de répondre (interview). No comment, le ministre de la culture envisage pourtant bien de les mettre à contribution. Dans cette histoire, il y a la Face A et la Face B, qui est celle des lobbies qui pèsent très lourd dans ce débat qui reprendra fin février début mars à l’assemblée. Un dossier d'Isabel Pasquier, en direct de Cannes.

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