Ce soir à 19h20, "Secrets d’Info" reviendra sur le plus grand mystère de l’histoire de l’aviation civile : la disparition du Boeing MH370 de la Malaysia Airlines qui devait relier Kuala Lumpur à Pekin avec 239 personnes à bord. Dix mois après les faits, on n'a toujours aucune trace de l’avion et l’enquête n’a rien révélé.

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D’où le désarroi des familles, y compris dans notre pays puisque quatre français étaient à bord. Guyslain Wattrelos a ainsi perdu sa femme et deux de ses enfants. Et sa situation est aujourd’hui intenable :

On nous dit que cet avion est tombé dans l'eau, que personne n'est vivant, mais aucun certificat de décè n'a été émis... Donc officiellement, je suis toujours père d'une famille de cinq personnes. Vous imaginez les problèmes administratifs que cela peut poser. On ne peut pas faire son deuil, d'autant moins qu'il ne se passe pas une semaine sans que quelqu'un me contacte en me disant : "Ne vous inquiétez pas, l'avion a atterri, et ils sont prisonniers quelque part."

Et des appels plus ou moins farfelus, il en a comme cela à la pelle. Et surtout depuis qu’il a ouvert avec des proches un site participatif pour récolter de l’argent. Un site qui servira à payer un détective privé et à verser une récompense à toute personne qui pourrait faire avancer l’enquête.

à la recherche des boîtes noires du vol mh370
à la recherche des boîtes noires du vol mh370 © reuters /

La Malaisie reste muette

L’enquête officielle, elle, n’a pas beaucoup progressé. La piste privilégiée reste celle du pilote qui aurait pu réaliser un suicide médiatisé. Mais rien ne le prouve. Quant à la France, après avoir attendu plusieurs mois, elle a finalement ouvert une information judiciaire pour détournement d’avion, mais pas pour terrorisme. Et cela fait bondir Maître Oualli, un des avocats des familles :

Lorsque l'on met bout à bout tous les événements qui sont avérés, on a quand même des difficultés à penser qu'il n'y a pas derrière quelque chose d'extrêmement réfléchi. Tout cela milite en faveur de l'ouverture d'une information judiciaire pour détournement en relation avec une entreprise terroriste. Parce que lorsque l'on a des faits, on qualifie toujours au maximum, pour ensuite, le cas échéant, redescendre de crans successifs.

D’où un sentiment d’abandon, renforcé par une forme de solitude que nous décrit Pascale Derrien qui a perdu sa sœur dans le drame :

Personne ne s'est manifesté : ministre des Affaire étrangères ? Rien. Président de la République ? Rien. Il y avait quand même quatre Français à bord, ils le savaient depuis le début. On veut connaître la vérité.

Les recherches se poursuivent dans l'océan Indien

Cette vérité ne pourra passer que par la découverte de l’avion. À bord, tous les systèmes de transmission avaient été déconnectés. Mais même dans ces cas-là, l’avion continue d’envoyer un signal une fois par heure à un satellite. C’est l’analyse de ce signal qui a permis de définir une zone dans l’océan Indien à ouest de l’Australie, où on cherche toujours, explique Jean Paul Troadec, du Bureau enquête accident de l’Aviation civile :

Actuellement, deux bateaux tractent des sonars remorqués, autrement dit des radars sous-marins, qui envoient un signal acoustique. Parallèlement à cela, des recherches sont menées sur la cartographie du fond, car on est dans une zone très peu connue où la carte des fonds marins n'a pas été faite de façon très précise. Cette exploration se poursuit et elle est nécessaire pour guider les sonars.

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En attendant, Air France tire des leçons de cette affaire. La compagnie est en train de généraliser "des dispatchers". Des espèces de chaperons que nous présente Catherine Jude, la chef de la direction du contrôle des opérations :

C'est en quelque sorte le routeur des navigateurs en solitaire, vous voyez ? C'est uine personne au sol qui complète la vision du cockpit. Cela existait aux États-Unis. Nous sommes en train de mettre en place le même dispositif, contrairement à un certain nombre de grosses compagnies européennes qui ne disposent pas de ce suivi de vol aujourd'hui.

Dès cette année, les normes des boîtes noires devraient aussi changer. Elles devront émettre pendant trois mois contre un seul actuellement.

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