On le sait depuis mercredi dernier, la pêche à l'anchois ne rouvrira pas cette année dans le Golfe de Gascogne. C’est la Commission européenne qui l’a décidé pour permettre aux stocks en danger d'épuisement de se reconstituer. Cela fait déjà deux ans que cette pêche est restreinte. Une troisième année noire s'annonce donc dans les ports qui avaient fait de ce poisson leur principale ressource. C'est le cas de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, et des Sables d'Olonne en Vendée, ainsi que de La Turballe, près de La Baule, en Loire Atlantique. La Turballe : ses 4 500 habitants, ses 200 pêcheurs d'anchois. L'Ach Roch rentre au port. Aujourd'hui, il a pêché du maquereau. C'est pourtant l'un des ces 32 chalutiers turballais qui, jusqu'en 2004, innondait la criée d'anchois. Aujourd'hui, l'équipage est au complet. Mais dès l'annonce de Bruxelles, un marin a annoncé qu'il ne reprendrait pas la mer. Un de plus... Yannick Morel est le patron du 16 mètres. Il regarde les jeunes partir. L'an dernier, à La Turballe, on a "cassé" six bateaux, dont celui d'Erwan Jouan, des casses subventionnées par la la France et par l'Europe. A la criée, la moitié des poissons à vendre étaient des anchois. René Tonnerre est mareyeur. Il va essayer de tenir le coup encore un an. Dans la Turballe, il se murmure que des maisons sont déjà à vendre pour rembourser les crédits. Marie Carbonet et Anabelle Dedieu sont conseillères dans l'une des agences immobilières. Elles démentent la rumeur. L'activité du port de pêche est la motrice de la vie économique de la commune. Un marin fait travailler plus de 3 personnes à terre. Brigitte Le Fayère tient l'un des deux hôtel de la station balnéaire. Grâce à la pêche, pour l'instant, elle peut ouvrir toute l'année. Pallier l'absence, toute la commune s'y prépare désormais. Un reportage de Julie Marie-Leconte

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