Elles sont jeunes, parfois juste majeures, et partout dans le monde, elles bousculent le jeu. Lilly, une jeune Thaïlandaise de 13 ans qui est partie en guerre contre les sacs plastiques à usage unique. Elle milite pour la fin de ces emballages sur les réseaux sociaux ou en participant à des conférences.

Ralyn Satidtanasarn, Thaïlandaise de 13 ans, ramasse le plastique lors d'une opération en forêt et sur une plage de Bangkok en 2019
Ralyn Satidtanasarn, Thaïlandaise de 13 ans, ramasse le plastique lors d'une opération en forêt et sur une plage de Bangkok en 2019 © AFP / Mladen ANTONOV

L'an dernier, Lilly a obtenu une première victoire : une grande enseigne alimentaire de Bangkok, la capitale de la Thaïlande, a décidé de ne plus donner de sacs plastiques à ses clients une fois par semaine.

Depuis le début de l'année, ce royaume de près de 69 millions d'habitants a même décrété une interdiction totale des sacs à usage unique dans les supermarchés. Mais avec l'arrivée du coronavirus, le nombre de déchets plastiques explose. La lutte n'est pas près de s'arrêter pour Lilly.

Avec beaucoup d'aplomb, Lilly intervient dans les conférences des ONG comme celle de Greenpeace en 2018 où elle interpelle le public avec humour :

Mon nom est Lilly. Vous devez vous demander ce que je fais là ! Eh bien, je veux bannir les sacs plastiques de la planète !

"La mer ressemblait à une décharge" 

Lilly, de son nom complet Ralyn Satidtanasarn, n'a évidemment pas toujours pensé à entrer en guerre contre les déchets plastiques. Mais il a suffi de vacances au bord de la mer, quand elle avait 8 ans, pour qu'elle prenne conscience de ce fléau.

Avec ma mère, nous étions parties à la plage, j’étais très heureuse d’y aller. Mais quand nous sommes arrivées, nous avons vu des déchets plastiques partout ! La mer ressemblait à une décharge. Nous avons essayé de ramasser les détritus mais on avait beau essayer, impossible de tout enlever. Même si on avait pu, je savais que le lendemain ou la semaine d'après, il y en aurait encore autant. Ça m’a rendue vraiment triste.

Aidée par sa mère, Lilly va d'abord écrire au gouvernement thaïlandais, qui lui répond qu'il ne peut pas faire grand chose et qu'elle doit s'adresser aux chaînes de supermarchés.

Ses démarches vont aboutir : l'une d'entre elles accepte de ne plus distribuer de sacs plastiques à ses clients un jour par semaine.

Depuis janvier dernier, le pays a décidé de bannir totalement les sacs plastiques dans les grandes surfaces

Mais avec l'épidémie du coronavirus et le boom des livraisons de repas à domicile, les déchets plastiques ont doublé en quelques mois. 

En ce moment, je ne pense pas que la pollution due au plastique soit la priorité pour les gens. J'espère que, dans les deux années à venir, on n’utilisera plus de plastique à usage unique, qu’on réduira sa consommation et qu’on recyclera davantage pour faire de la Thaïlande un monde meilleur pour les générations futures.

Il s'agit d'une première victoire, lorsque l'on sait q'une personne en Thaïlande utilise chaque jour huit sacs plastiques, faisant de ce pays le sixième plus gros pollueur des océans.

La mobilisation citoyenne pousse les politiques à agir

L'engagement de la jeune Lilly est essentiel, estime Laura Chatel, de l'association citoyenne Zero Waste, qui plaide pour une réduction des déchets à la source :

Ces exemples sont forcément très inspirants. Ce sont des gens comme vous et moi qui, à un moment, décident d'agir assure la responsable du plaidoyer. Et qui montrent qu'il est possible d'agir sur ces sujets-là.

"Ces personnes sont moteur d'abord en changeant leurs habitudes à titre individuel, poursuit Laura Chatel. Et elles peuvent arriver à avoir un impact plus globalement autour d'elles. Nous nous employons à les mettre en valeur car elles peuvent être des vecteurs importants. La mobilisation citoyenne, c'est ce qui produit la décision politique et réglementaire. S'il n'y avait pas de sensibilité citoyenne sur le sujet et de volonté d'avancer, on n'aurait pas eu autant de réglementations contraignantes. Ce volet mobilisation citoyenne est essentiel sur ce sujet."

Selon les Nations unies, environ 13 millions de tonnes de plastique se retrouvent dans les océans chaque année : une nuisance pour la biodiversité, l’économie et la santé.

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