En 4 ans, la Logan s’est vendue à un million d’exemplaires dans le monde entier. Et voici qu’arrive une autre voiture bon marché, la Sandero. Le low cost est peut-être une nouvelle mode dans l’automobile. Renault serait ainsi le premier constructeur à avoir inventé « la voiture du peuple ». Pas chère, c’est le premier critère. Robuste et capable de transporter cinq personnes avec leurs bagages. Pour l’instant, dans le monde, personne n’a fait mieux. Et malgré son physique ingrat, la Logan, fabriquée en Roumanie par Dacia, a rencontré le succès en Russie, comme en Amérique du Sud, au Maghreb ou en Iran. Depuis, elle s’est déclinée en break, en pick up, en utilitaire et maintenant en deux volumes, c’est la Sandero. La nouveauté, c’est que la Sandero, qui coûte toujours moins de 8.000 euros, est bien plus sexy que sa grande sœur. Et elle arrive vendredi prochain dans les concessions Renault Dacia. A qui sont destinées ces voitures bon marché ? Réponse de Sophie Albertus, chef de produit chez Dacia (interview). En fait, Louis Schweitzer, le prédecesseur de Carlos Ghosn à la tête de Renault, ne souhaitait pas que la marque Dacia soit importée en France, parce qu’il craignait que Renault ne se tire une balle dans le pied en suscitant sa propre concurrence intérieure. Et quand on regarde la Sandero, aussi longue qu’une Clio, mais plus habitable et 4.500 euros moins chère, on peut hésiter. Pourtant, pour Gérard Detourbet, le père de la Sandero, il n’y a pas photo entre les deux voitures (interview). C’est vrai que sur la Sandero de base, il faut tourner les manivelles pour descendre les vitres, mais elle bénéficie du freinage ABS et de la direction assistée. Là encore, ça sent le discours marketing. En tout cas, dans les concessions, on sépare bien les voitures. Renault d’un côté, Dacia de l’autre, comme le précise à Antoine Arlot, le directeur de la concession Renault de Rueil près de Paris, Nicolas Belugout (interview). Ce sera difficile d’empêcher les clients Renault de jeter un œil de l’autre côté du panneau. Est-ce que la Logan ou la Sandero vont tirer les prix du marché vers le bas ? C’est la question qui angoisse tous les vendeurs, aussi bien pour les voitures neuves que pour les voitures d’occasion. Une Sandero neuve, 0 km vaut le prix d’une 307 ou d’une Golf de 3 ans d’âge et 60.000 km - ça pourrait déstabiliser le marché si tout le monde s’y met. Tous les constructeurs y travaillent, mais produire une voiture pas chère avec des prestations acceptables pour une clientèle occidentale, ce n’est pas facile. La Tata Nano, la voiture indienne à 2.500 euros ne sera jamais réimportée telle quelle en France : elle ne répond à aucun critère de sécurité ou de dépollution exigée sur les marchés occidentaux. Elle est d’ailleurs destinée au marché indien. Et regardez le mal qu’ont les voitures chinoises pour être homologuées en Europe. PSA Peugeot Citroën, l'autre constructeur français, ne croit pas à la voiture low cost. D’ailleurs, il s’implante sur des marchés, Chine, Russie, où ce sont les voitures occidentales dernier cri qui se vendent bien. Roland Vardanega membre du directoire de PSA (interview). Ce qui est sûr, c’est que les voitures low cost ne font pas vraiment tourner les usines françaises, mais donnent beaucoup de travail aux bureaux d’études. Un reportage de Denis Astagneau.

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