Au pays de Galles, on vote pour ou contre le Brexit. Dans la vallée industrielle de Port Talbot, le référendum sur le maintien du pays dans l’UE est un enjeu colossal.

Au pays de Galles, on vote aujourd’hui pour ou contre le Brexit.
Au pays de Galles, on vote aujourd’hui pour ou contre le Brexit. © Maxppp / PATRICK SEEGER

Au pays de Galles, on vote aujourd’hui, comme dans l’ensemble du Royaume-Uni, pour ou contre le Brexit. Dans la vallée industrielle de Port Talbot, le référendum sur le maintien du pays dans l’Union européenne est un enjeu colossal. Il pourrait déterminer le sort de dizaines de milliers d’ouvriers, qui pour l’instant sont dans l’incertitude la plus totale.

L’horizon, ici, est un gigantesque écran de fumée avec des kilomètres de cheminées d’usines. Les hauts fourneaux de Port Talbot se dessinent à travers les vitres de la voiture de Mark Turner, ouvrier depuis 27 ans et représentant du syndicat Unite.

« C'est notre héritage, notre histoire. Nos pères, nos grands-pères, nos arrière-grands-pères travaillaient dans l’acier. Ca va bien au-delà de ce qu’on vit aujourd’hui. Au mois de mars, explique-t-il, après des années d’hémorragie financière, le groupe indien Tata Steel a décidé de vendre l’usine sans trouver de repreneur sérieux. Le gouvernement de David Cameron se dit prêt à aider l’entreprise, mais rien n’est signé pour l’instant. Si le Royaume-Uni sort de l’union européenne, la situation sera dit-il, encore plus compliquée.

Au total 40.000 emplois directs et indirects sont menacés dans la vallée, Gherold Davies est le manager de Fairwood industries, l’un des sous-traitants et tous ses contrats avec Tata steel ont été suspendus il y a 6 mois.

On avait autour de 250, 300 employés. Maintenant, il n’y en a plus qu’entre 60 et 70. Ça touche la totalité de la région. On a cherché du travail à l’extérieur de l’usine Tata, mais tout semble s’être arrêté, à cause du vote sur l’Union Européenne. On n’a rien à gagner à sortir. Tout est organisé autour de l’Union européenne.

Mais ce discours, celui des patrons de PME, est loin d’être celui de tous les ouvriers. Gardy Maal habite juste à côté des usines ses fenêtres donnent sur la zone industrielle. Il est chef d’équipe chez Tata steel. Pour lui, le problème, c’est la concurrence asiatique.

« L’Europe n’a pas réussi à se protéger elle-même, face à l’acier chinois, ils s’en fichent de la Grande-Bretagne. Mittal ferme ses usines : la France a été touchée elle aussi et faire partie de l’Europe n’a jamais protégé personne. On devrait voter pour sortir et prendre le contrôle de nos frontières, contrôler ce qu’on importe et exporte. On est une île, on devrait être autosuffisant.»

Pourtant, le sud du Pays de Galles est loin d’être auto-suffisant

C’est l’une des régions qui reçoit le plus d’aides européennes. Avec depuis 2 ans, la rénovation des gares, des centres villes et surtout 40 millions d’euros investis pour construire ce campus ultra moderne pour l’industrie et les hautes technologies, qui vient de sortir de terre. Un pari sur l’avenir, comme l’explique Stephen Brown, le directeur de l’université de Swansea.

Une grande partie du financement, est un prêt de la banque européenne de développement. Cet argent va financer les équipements, la recherche sur l’acier, les nanomatériaux, les maisons à énergie positive et des projets à l’échelle de l’Europe, avec des partenaires européens et même extra européens.

Ce n’est qu’un début car face à la mer, à l’extrémité du campus, les travaux continuent. Sous les yeux d’Alan Hawkes, professeur émérite de statistiques. Il a grandi et enseigné toute sa vie dans la région. « Ils viennent d’annoncer un autre prêt de 30 millions pour construire un nouveau bâtiment dédié à l’informatique. Je pense qu’ici les gens vont en majorité voter pour rester dans l’Europe à cause de tous ces financements. »

Mais en bon statisticien, Alan Hawkes le précise, même si ces derniers jours les sondages donnent le camp anti Brexit vainqueur, ce sera de toutes façons, un résultat extrêmement serré.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.