La France a créé depuis 1998 des cycles de formation pour renforcer les capacités africaines de maintien de la paix. Il y a 6 mois, elle a passé le relais à l'Union européenne. Il y a même eu un appel à souscription. 6 mois plus tard, RECAMP est toujours très français et les financements aussi. La semaine dernière à Brazzaville, au Congo s’est déroulé un séminaire du Cycle RECAMP. Offficiellement c'est bien l'Union Européenne qui coorganisait ce séminaire avec l'Union Africaine. Mais, dans la réalité, c'est un regroupement de pays de l'union… nuance... et d'autres pays comme le Japon ou le Canada, ont envoyé des experts. Car RECAMP, c'est d'abord un outil pour former les états majors de pays africains pour de futures forces internationales de maintien de la paix, ou encore une aide en matériel. Et on a vu ces derniers mois avec le Darfour, les difficultés pour ne pas dire plus, de l'union africaine avec ses 8000 hommes, pour faire face aux différentes rebellions, aux milices. Les besoins sont énormes et l'objectif c'est de pouvoir créer une force africaine de 17000 hommes dans les 10 ans à venir. Là c'est la première fois que le programme RECAMP s'adresse à la communauté des pays d'Afrique centrale. 7 sur 11 ont connu la guerre ces dernieres années. Louis sylvain GOMA est secrétaire général (interview). Le plus surprenant, c'était de voir des haut gradés rwandais et burundais aux côtés de colonels de la République Démocratique du Congo. Alors que les uns et les autres s'accusent d'ingérence en ITURI dans l'est de la République Démocratique du Congo. Ce sont les Pays-Bas qui ont payé les billets d'avion et l'hébergement. Maurice Timmermans est le représentant (interview). La Belgique participe également depuis plusieurs années. L'une des figures de RECAMP c'est d'ailleurs un colonel : Henri Kestellot, qui part à la retraite. Il ne mache pas ses mots à l'égard de l'union européenne (interview). Hors micro, certains évoquent également le fait que RECAMP soit une création française ; qu'il y a encore des ambiguités liées aux accords bilatéraux avec certains pays - et puis les britanniques n'étaient pas à Brazzaville - ils ont leur propre cycle de formation. Le haut représentant de l'union européenne pour la région des grands lacs estime qu'il faut dépasser cela. Aldo Angelo est espagnol. Il préfère mettre en avant l'argument qui pourrait décider les politiques à s'engager beaucoup plus en Afrique (interview). Favoriser la paix en Afrique pour éviter de nouvelles vagues d'émigration, c'est effectivement d'actualité. Sauf que les responsables français de RECAMP ne donnent pas de chiffres sur l'apport financier global à ce programme militaire. Mais ce qui est sûr, c'est que l'Europe de la défense avance donc doucement, très doucement, à l'image de la future force européenne qui se déploiera en juillet prochain en République Démocratique du Congo pour les élections. Là encore, un millier d'hommes, toute petite force, 2/3 seront français. Le général Bentegeat est le chef d'état major français (interview). Un dossier d'Emmanuel Leclère.

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