un sondage crédite le centre droit de cinq sièges supplémentaires avant les européennes
un sondage crédite le centre droit de cinq sièges supplémentaires avant les européennes © reuters

Tout comme la France, ces trois pays votent dimanche pour les Européennes. Trois pays aux enjeux et à la perception de l'Europe radicalement différents. Reportage à Berlin, Madrid et Rome avec les correspondantes de Radio France sur place.

Une campagne terne en Allemagne

Pour la première fois, des eurosceptiques vont sans doute entrer au parlement. Et surtout à droite, Alternative pour l'Allemagne, un parti crédité de 6 à 7%, son public, le troisième âge (un électeur sur deux a plus de 50 ans), veut sortir de l'euro pour rester entre pays riches et dénonce entre autre la politique de la BCE dont les taux très bas ne rémunèrent pas assez l'épargne retraite. Elle a de bonnes chances d'aller à Strasbourg, puisque les juges de Karlsruhe ont supprimé tout seuil pour être représenté. Et cela inquiète les autres partis.

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Les verts, avec leur 11 % d'intentions de vote, ont remobilisé leur champion Joschka Fischer. Le SPD (27 %) a fait de même avec Schroeder mais son argument de campagne, "Martin Scchulz, un allemand pour l'Europe ", laisse sceptique les allemands eux-mêmes. La CDU sera donc la grande gagnante avec un seul programme : Merkel sur presque toutes les affiches. Quant à l'extrême droite, avec ses slogans "travail famille patrie " ou "de l'argent pour nos grands-mères, pas pour les Roms", elle reste très localisée à l'Est.

En Italie, un test pour Matteo Renzi

Derniers meetings, dernières forces dans la bataille. En Italie, cette élection européenne est le premier scrutin après les élections législatives de février 2013, qui avaient vu l'entrée fracassante au parlement du populiste Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo. C'est un test aussi pour Matteo Renzi, le secrétaire du parti démocratique de gauche, qui est devenu président du conseil il y a moins de trois mois, après avoir poussé vers la sortie Enrico Letta, du même parti. Du coup, la bataille fait rage sur la politique intérieure.

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Beppe Grillo claironne qu'il sera dimanche soir le premier parti d'Italie, et qu'en cas de victoire, le président de la république et Matteo Renzi devra partir. Ce à quoi, le premier ministre répond qu'il ne démissionnera que si le parlement le lui demande, et que cette élection n'est pas un référendum sur le gouvernement. Finalement, en Italie, les thèmes européens à proprement dit sont presque absents de la campagne. On ne parle ni du traité transatlantique, ni de l'euro fort. À peine évoque-t-on l'immigration pour dire qu'il n'y a pas de vraie politique européenne.

Les grands partis espagnols en recul

Les deux grands partis traditionnels espagnols, le Parti populaire, de droite, et le Parti socialiste (PSOE), devraient reculer aux élections européennes de dimanche, face à une poussée, encore timide, des petites formations. Le PP, du chef du gouvernement Mariano Rajoy, au pouvoir depuis 2011, remporterait 21 ou 22 sièges, contre 24 en 2009, selon un sondage de l'institut Sigma Dos, publié par le quotidien de centre-droit El Mundo.

Le PSOE reculerait lui plus nettement, avec 15 ou 16 sièges contre 23. En revanche, plusieurs petites formations gagneraient en influence, comme la Gauche plurielle (6 sièges contre deux actuellement pour sa principale composante, Izquierda unida). Face à la désaffection annoncée des électeurs, Mariano Rajoy tout comme le chef de file du PSOE, Alfredo Perez Rubalcaba, se sont lancés dans la campagne pour soutenir les têtes de liste, Miguel Arias Cañete pour les conservateurs et Elena Valenciano pour les socialistes.

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