Les requins, notamment les plus jeunes, sont attirés par ces petits radeaux..
Les requins, notamment les plus jeunes, sont attirés par ces petits radeaux.. © Radio France

L'organisation écologiste Greenpeace mène en ce moment une campagne dans l'Océan indien contre les Dispositifs de concentration de poisson (DCP). L'ONG dénonce une méthode de pêche particulièrement nuisible pour l'environnement.

Difficile d'apercevoir les Dispositifs de concentration de poisson en plein Océan indien. Ces radeaux mesurent moins de deux mètres sur deux, flottent un peu sous la surface et ne sont visibles que grâce à la balise et la bouée qui les accompagnent. Des objets discrets, mais particulièrement nuisibles, à en croire Greenpeace. Pour une raison encore inexpliquée, les poissons s'agglutinent sous les DCP. Il suffit ensuite aux immenses thoniers qui sillonnent la région de passer avec un filet pour ramasser le tout.

Une méthode pourtant légale

La méthode n'est pas illégale, mais, pour François Chartier, responsable de la mission sur le thon tropical chez Greenpeace, elle provoque d'importants dégâts sur l'environnement : "Quand les thoniers attrapent le banc de thon, il y a en même temps d'autres espèces, qui sont des espèces non ciblées. Ce que l'on a le plus vu, par exemple, ce sont des requins. L'autre problème, ce sont des captures très importantes de juvéniles, notamment dans une espèce qui est très consommée en France, qui est le thon albacore."

15.000 DCP entre Madagascar et les Seychelles

Alors que neuf Français sur dix ont chez eux au moins une boîte de thon, il est fort probable que le poisson ait été pêché dans ces conditions. Dans sa campagne, Greenpeace dénonce la pratique du groupe mondial Thaï Union, propriétaire, entre autre, de la marque française Petit Navire, qui représente 30% du marché français. L'organisation écologiste a donc décidé de sillonner une partie de l'Océan indien, entre Madagascar et les Seychelles, afin de récolter un maximum de DCP qui flottent dans la région (il y en aurait autour de 15.000, même s'il est difficile d'évaluer le nombre précis de ces radeaux).

Les poissons s'accumulent sous des objets flottants

La pêche par DCP n'est, en soi, pas nouvelle : depuis toujours, les pêcheurs savent que les poissons s'accumulent sous des objets flottants, des bouts de bois aux cadavres de cétacés. Mais Greenpeace dénonce aujourd'hui l'intensification de cette technique, à grand renfort de technologie, notamment via les balises accrochées aux radeaux : "Non seulement elles indiquent leur position et peuvent allumer leur lumière la nuit, mais elles peuvent signaler quel type de poisson se trouve sous le DCP. On a largement basculé vers une méthode de pêche industrielle extrêmement agressive, qui ne peut pas être durable" explique Frank, militant Greenpeace.

Des filets de cinq kilomètres de long

La pêche au DCP est l'une des moins impactantes » affirme de son côté Amaury Dutreuil, Directeur général de Petit Navire. Elle a en plus devant elle certain nombre de chantiers ouverts qui vont lui permettre de réduire encore ces impacts-là."

La marque s'est engagée à limiter à 250 le nombre de DCP par bateau, et à former les équipages afin qu'ils rejettent à l'eau les poissons vivants qui appartiennent à des espèces menacées. Il semble toutefois difficile d'imaginer un tri complet, quand on sait que certains filets mesurent jusqu'à cinq kilomètres de long. A cela s'ajoutent les nombreux DCP abandonnés dans l'océan, et auxquels restent accrochés des morceaux de plastique, de métal et les éléments électroniques des balises.

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