Il y a quelques jours, l'armée française annonçait la nomination du premier aumonier militaire musulman, qui prendra bientôt ses fonctions. Jusqu'alors, toutes les autres grandes religions étaient représentées, sauf l'islam. Y aurait-il un problème avec l'Islam dans l'armée ? Avec les musulmans ? Est-ce à dire que les militaires "issus de l'immigration" ne seraient pas traités comme les autres au sein de l'Armée ? Y aurait-il même du racisme ? Un rapport publié il y a quelques semaines par 2 sociologues parlait ouvertement de racisme, et de discriminations. A la base, ce rapport a été commandé par l'Armée elle même. Mais c'était dans un autre but. Savoir s'il y avait du communautarisme voire un sentiment anti français. La conclusion est NON. La pratique de l'islam est discrète, individuelle. En revanche, effet boomerang pour l'Armée, il y a du racisme anti-beur, anti musulman. Des humiliations, dit même cet ancien sergent. Il a quitté l'armée il y a 4 ans après avoir été si été si fier, dit-il, d'accompagner sa mère, en grande tenue (interview). L'idée n'est évidemment pas de généraliser mais dans ce rapport, un témoignage résume tout : "l'armée française aura tout compris, quand elle aura compris que nous sommes Français". Pour beaucoup, on reste magrébin dans l'armée française. Un autre exemple de ce mal-être, l'évolution des carrières. Un nouveau témoignage, là encore pas de prénom, l'anonymat est la règle. Mais un lieu, l'arsenal de Toulon (interview). Il est difficile de dire combien de militaires "issus de l'immigration" sont dans les rangs de l'armée car il est interdit en France d'établir des statistiques en fonction des origines, ou de la religion. Mais on parle cependant de 10 à 20% des militaires dans l'armée de Terre. Ce qu'on sait aussi, c'est que depuis que l'armée est professionnelle, depuis 96, les campagnes de recrutement s'adressent beaucoup à ces jeunes des quartiers, dans les bassins de population dits difficiles. Beaucoup, toujours d'après des témoignages du rapport, disent avoir fait ce choix pour la stabilité du travail, le savoir faire. On apprend des métiers rares et reconnus dans l'armée. Mais aussi pour fuir les discriminations à l'embauche dans la société civile. Christophe Bertossi, chargé de recherche à l'IFRI, l'institut français des relations internationales, l'un des auteurs de ce rapport (interview). Et l'armée ne tolère pas pareille situation, répète l'institution militaire. Nous sommes avant tout une école d'intégration. Alors comment combattre ces mentalités ? La réponse de Jean-François Bureau, porte-parole du ministère de la Défense (interview). Premier signe envers l'islam, et donc les musulmans qui servent dans l'armée, avec donc la nomination du premier aumonier militaire musulman, la seule grande religion qui n'était pas représentée jusqu'alors. Un dossier de Vanessa Descouraux.

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