Un reportage signé Stéphane Leneuf Le premier tour des cantonales a atteint un taux d'abstention record : 55,63%, plus d'un Francais sur deux ne s'est pas déplacé dimanche pour aller voter. Commencons par écouter ces quelques réactions recueillies à Marseille par Laurent Gauriat, où l'abstention a battu des records : plus de 60%. Une question : pourquoi êtes-vous restés chez vous dimanche dernier ? Ecoutez les réponses. Interview de Marseillais par Laurent Gauriat Cela fait 23 ans que l'on avait pas eu un tel taux d'abstention pour des élections cantonales. Et encore, les records ont été battus puisqu'en 1988, 51% des Francais ne s'étaient pas déplacés au premier tour, et près de 53% au second tour. Question : est-ce que les inquiétudes sur la situation internationale, la Libye, Le Japon,(le fait, aussi, que ces cantonales ne sont pas couplées avec d'autres élections), ont pu pousser les électeurs à ne pas voter ? La réponse est sans doute non. Ces évènements ne doivent pas masquer les vrais facteurs de l'abstention. Quand on observe les zones géographiques qui ont connu les plus fort taux d'abstention, on constate, comme dans le département du Nord (60% d'abstention), que ce sont des régions qui connaissent des phénomènes de désinstrualisation très violents. Il y aussi le sentiment que voter pour ces cantonales ne sert pas à grand chose. Du coup, il n'y a plus vraiment de sentiment de culpabilité à rester chez soi. C'est l'analyse de François Miquet-Marty, directeur de l'Institut Viavoice. Interview de François Miquet-Marty Un département est aujourd'hui le symbole de ce désamour avec les urnes, c'est la Seine-Saint-Denis, dans le nord de Paris. Le 9-3 enregistre le triste privilége d'avoir connu le plus fort taux d'abstention dimanche dernier : 67,3%. Dans 4 des 20 cantons où les électeurs étaient appelés aux urnes, l'abstention a dépassé 70%, plus de 72% à Aubervilliers Est. En Seine-Saint-Denis, il y a des facteurs structurels qui expliquent l'abstention : c'est un département où il y a beaucoup de jeunes, moins diplômés que la moyenne nationale, qui connaissent un fort taux de chomage. Tout cela favorise un comportement abstentionniste. C'est que nous explique Céline Braconnier, enseignante à l'Université de Cergy, en banlieue parisienne. Interview de Céline Braconnier Notez que si la Seine-Saint-Denis a été le département le moins civique, celui où l'on a le plus voté, c'est la haute Corse. Rappelons quand même que le second tour, c'est dimanche prochain : une bonne occasion pour les 21 millions d'électeurs concernés de retourner la tendance.

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