Les serious Games sont à l'honneur aujourd'hui à Lille, où sont organisés les e-virtuoses, un salon qui réunit les professionnels du secteur. Souvent pointés du doigt, les jeux vidéo sont aussi de plus en plus utilisés pour autre chose que pour jouer, comme pour former, rééduquer. Hôpitaux et grandes entreprises s'y intéressent, à l'image du centre Jacques Calvé, un centre de rééducation situé à Berck dans le Pas-de-Calais. Nous sommes en pleine séance de rééducation. Victime d'un accident vasculaire cérébral il y a trois semaines, George est assis dans son fauteuil roulant devant un grand écran. Sa main droite est équipée d'un gant relié à un capteur de mouvement. Devant lui défilent virtuellement des ballons de toute les couleurs (extrait). Encadré par Jean et Anne les ergothérapeuthes, George s'applique (interview). « J’avais jamais joué à tout ça, c’est sympa. » Ce sont ses mots. Le logiciel qu'il utilise s'appelle REACTIVE, c'est un serious game que le centre développe actuellement avec le soutien de l'Agence Nationale de la Recherche. Même si pour le moment, REACTIVE est en phase d'élaboration, Dominique Nadalini, neuro psychologue, y voit un plus pour les patients (interview). Un plus également pour l'équipe médicale. On entend de plus en plus parler de l'utilisation dans la rééducation de la Wii, la console de Nintendo, mais pour Anne Bar, ergothérapeuthe, il faut de vrais logiciels adaptés (interview). REACTIVE prévoit justement des scénarios comme celui d'un supermarché virtuel. Et c'est Stéphane Bouillan, chargé du bureau recherche et développement au centre, qui nous le présente. Sa particularité : là encore les patients seront placés devant un grand écran mais avec pour manette un vrai caddy (interview). Ici c'est un exemple médical, mais beaucoup d'autres secteurs regardent de près les serious games. La RATP, par exemple, travaille sur un serious games de plus d'un million d'euros pour former ses chauffeurs de bus à la conduite écologique et ce n'est pas la seule, comme me l’a confirmé Jean Menu, directeur des e-virtuoses (interview). L'Etat lui-même s'intéresse au serious games, puisque Nathalie Kosciusko-Morizet a lancé, en mai dernier, un appel à projets. 48 serious games ont été retenus et vont se partager 20 millions d'euros. _____Un reportage d’Hélène Chevalier.

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