Le ministère du travail fête ses cent ans, cette semaine. L'occasion de revenir ce matin sur quelques-unes des grandes dates qui ont marqué la rue de Grenelle et plus globalement le droit du travail. L'histoire commence en 1906. C'est l'année de la catastrophe de Courrières. Le 10 mars, l'explosion de cette mine du Pas-de-Calais fait plus d'un millier de morts et met en lumière les dures conditions de la classe ouvrière. 1906, c'est aussi au mois de mai la victoire du bloc des gauches. Clémenceau devient président du conseil le 25 octobre et là, surprise, quand il présente son gouvernement, on voit apparaître pour la première fois un Ministère du travail. On le baptise à l'époque Ministère du travail et de la prévoyance sociale. Plus tard en 1936, c'est bien sûr l'arrivée au pouvoir du Front Populaire. Léon Blum tient sa promesse. Il instaure dès le mois de juin les congés payés. Il nomme aussi un secrétaire d'Etat aux loisirs, chargé d'organiser ces premiers congés payés. Le secrétaire d'Etat s'appelle Leo Lagrange, et sa femme Madeleine s'était confiée à France Inter il y a quelques années (son). Et les congés payés, ce sera 2 semaines, pour commencer - ça passera à 3 semaines en 1956, 4 semaines en 1969, et 5 semaines en 1982. La Libération. C'est un moment qui compte, aussi, dans le droit du travail. Avant même la fin de la guerre, le Conseil national de la résistance, qui réunit toutes les tendances politiques, prépare la reconstruction. c'est une époque de progrès social. Stéphane Sirot est historien (interview). Une autre mesure forte de l'après guerre. C'est en 1950, la création du SMIG - le salaire minimum interprofessionnel garanti - l'ancêtre du SMIC. Le président du Conseil à l'époque s'appelle René Pleven (interview). Printemps 1968. Les étudiants sont dans la rue et les ouvriers sont en grève. La grève générale a duré 1 mois. Elle a donné lieu aux fameux accords de Grenelle. Lesquels ont débouché notamment sur une vraie reconnaissance des syndicats dans l'entreprise. En 1968, Edmond Maire n'était pas encore secrétaire général de la CFDT. Il l'est devenu 3 ans plus tard (son). Plus près de nous, en 1997. La socialiste Martine Aubry est aux commandes du ministère. Elle imagine les 35 heures. Le patronat est vent debout. Ecoutez le journal de 19h sur Inter le 10 octobre 97 (son). Jean Gandois qui démissionnera deux jours plus tard de la présidence du CNPF. Alors, évidemment, tout celà est un aperçu rapide et non exhaustif. Le Ministère de la rue de Grenelle a connu plus d'une centaine de ministres et de secrétaires d'Etat, parmi lesquels Martine Aubry, Pierre Bérégovoy, et même Jacques Chirac. Il était secrétaire d'Etat chargé de l'emploi en 1968 dans le gouvernement Pompidou. Un dossier de Véronique Julia.

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