La semaine dernière, les dirigeants européens ont adopté le pacte pour l'immigration et l'asile. Un pacte destiné à contrôler les flux migratoires en fonction des besoins en main d'oeuvre de l’Union. Six ans après la fermeture du centre de Sangatte dans le Pas-de-Calais, qui hébergeait les migrants en transit, la situation est toujours aussi délicate, notamment à Paris. Précisément, entre les gares de l'Est et du Nord, jadis points de départ vers l'eldorado anglais, ou les pays scandinaves. C'est aujourd'hui un point de chute pour de nombreux refugiés d'Asie centrale. Illustration dans le jardin Villemin, au bord du canal Saint-Martin (reportage). C'est l'un de leurs rares rayons de soleil : une partie de foot au coeur du square que ces jeunes hommes investissent au quotidien. Irakiens, Iraniens mais surtout Afghans, comme Yumakhar, 29 ans, ex-traducteur pour les forces françaises en Afghanistan. Il fréquente les lieux depuis 3 mois et se souvient de certaines nuits (interview). Le jardin Villemin est donc occupé par les migrants, et parfois même, aux alentours, place Raoul Follereau, ou Avenue de Verdun, ce qui fait réagir les riverains (interview). Et si à 19h30, les grilles du parc ferment, cela ne décourage pas les réfugiés. Farouk, patron du restaurant face au jardin, a tenté en vain, de faire appel aux forces de l'ordre (interview). Ils seraient près de 300 selon Dominique Bordin de l'assocation "France terre d'asile" (interview). Marché juteux pour les passeurs qui monnaient tous leurs services. De 200 à 1000 euros pour des récépissés "droit d'asile", selon « France terre d'asile » qui tente de lutter contre ce manque d'information en organisant, 3 fois par semaine, des maraudes dans le secteur. Objectif : répérer les mineurs, de plus en plus nombreux - les plus jeunes ont 13 ans - et qui ont une cinquantaine de places réservées dans des hotels. Quant aux adultes, ils tentent leur chance place du Colonel Fabien (reportage). Direction les centres d'hébergement d'urgence de nuit, convoités également par les SDF et dans lesquels ils ne sont pas prioritaires rappelle Dominque Bordin (interview). Le troisième et dernier bus est reparti à moitié vide. Leurs protestations seront vaines avec leur balluchon. Ils repartent vers le jardin Villemin, pour une nouvelle nuit à la belle étoile. Le ministère de l'immigration met l'accent sur la traque des passeurs. Un réseau a d'ailleurs été démantélé en juin dernier, mais les trafics continuent. Pour Rémi Féraud, le maire PS du 10ème arrondissement, il faudrait plus de places d'hébergement, au moins 100. Il a d'ailleurs récemment alerté le ministère du Logement (interview). La Ville de Paris a entièrement financé un kiosque d'information - il devrait ouvrir lundi prochain, tout près du square Villemin - un lieu géré par Emmaüs et France terre d'asile, pour améliorer la prise en charge des exilés, hébergements, soins médicaux ou démarches administratives. Un reportage de Nourédine Zidane.

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