Aux Etats-Unis, près de la moitié des électeurs vivent désormais dans les banlieues et les candidats cherchent à les conquérir. Pour les femmes au foyer de la paisible ville d’Evans, dans l’agglomération d’Augusta en Géorgie, il semble que les dés soient déjà jetés.

À Evans, ville de banlieue située dans l’agglomération d’Augusta au nord-est de la Géorgie, le Président Trump a la cote.
À Evans, ville de banlieue située dans l’agglomération d’Augusta au nord-est de la Géorgie, le Président Trump a la cote. © Radio France / Benjamin Fontaine

"Les femmes de banlieue, s’il vous plaît, aimez-moi !" En meeting en Pennsylvanie le 14 octobre dernier, Donald Trump n’y est pas allé par quatre chemins pour appeler les femmes à voter pour lui. Le Président américain le sait, cette année, plus que jamais, le vote des habitants des banlieues aura du poids dans l’élection du 3 novembre. 

Aux États-Unis, près d’un électeur sur deux vit désormais en banlieue et d’après les sondages, le candidat républicain serait en perte de vitesse auprès des électrices de ces villes. À Evans, située dans l’agglomération d’Augusta au nord-est de la Géorgie, le Président semble pourtant avoir la cote.

Cette ville de banlieue forte de 29.000 habitants se détache des autres. Le magazine économique Money vient de l’élire "ville la plus agréable à vivre des États-Unis" en raison notamment de son faible taux de chômage et du prix abordable des loyers et des terrains.

Evans aurait pu servir de décor à la série "Desperate Housewives". Dans les lotissements en escargot, tout semble parfait. Les maisons en briques rouges et marron sont parfaitement entretenues. Les pelouses sont parfaitement taillées. Les clôtures en bois sont parfaitement peintes. Tout est parfait, même le silence qui y règne en plein après-midi.

"Je ne crois pas que la solution soit de déménager les quartiers noirs"

À ce moment de la journée, les femmes ont quitté leur domicile. Elles se retrouvent au parc, situé dans le centre-ville. Alors que le camion de glace joue en boucle la musique de "La Lambada", les enfants chahutent dans l’aire de jeux et les mamans partagent leur quotidien tout en veillant sur leurs progénitures. 

Morgane vient d’acheter un cornet vanille-chocolat à sa fille de quatre ans. Cette mère au foyer vit à Evans depuis 11 ans et elle s’y trouve bien. "Il y a plein de choses à faire ici et les gens sont accueillants. On se dit bonjour tous les jours, c’est très amical." Afro-américaine, plutôt Démocrate, elle votera pour Joe Biden même si elle n’est vraiment favorable à la mixité. "Je crois que la solution est d’améliorer les quartiers où vivent les Noirs pour les restaurer. Je ne crois pas que la solution soit de les déménager."

À Evans on vient chercher de la sécurité et une une qualité de vie qu’ils ne trouvent plus dans les grandes villes
À Evans on vient chercher de la sécurité et une une qualité de vie qu’ils ne trouvent plus dans les grandes villes © Radio France / Benjamin Fontaine

"Il y a une blague qui dit que la plus grosse bêtise que vous puissiez faire ici, c’est un excès de vitesse"

À Evans, le revenu moyen par foyer les 100.000 dollars par an soit 7.000 euros par mois. Les habitants travaillent essentiellement dans les pôles de santé, l’armée et dans le nucléaire. Ils viennent chercher une qualité de vie qu’ils ne trouvent plus dans les grandes villes. 

Ashley, Timothee et leurs 5 enfants âgés de 1 à 12 ans ont choisi de déménager à Evans il y a quelques mois. "Il n’y a pas besoin de faire vingt à quarante-cinq minutes de route le matin pour aller travailler et les gens trouvent cela agréable," explique la mère de famille.

"Les gens qui ont de l’argent veulent déménager ici car le système scolaire est meilleur qu’ailleurs en Géorgie ou en Caroline du Sud", ajoute son mari. "Nous n’avons pas beaucoup de crimes. Il y a une blague qui dit que la plus grosse bêtise que vous puissiez faire ici, c’est un excès de vitesse" renchérit Ashley. 

"Si Joe Biden doit gagner, Dieu nous protégera"

Employé dans le nucléaire, Timothee ne travaille pas toute l’année. Il peut aider sa femme, ancienne professeure de lycée à faire l’école à la maison. Ces conservateurs voteront Trump le 3 novembre. "Nous sommes chrétiens et nous essayons de basons tout ce que nous faisons et pensons sur ces valeurs. Le côté conservateur des Républicains est en accord avec ces valeurs, comme l’opposition à l’avortement. Si Joe Biden doit gagner, Dieu nous protégera."

Depuis plusieurs mois, Donald Trump assure que Joe biden va briser le rêve américain en permettant la construction de logements pour les plus pauvres dans ces banlieues. "Si c’est le cas nous déménagerons" lance Ashley.

Préserver la sécurité du quartier

Ces mères au foyer veulent préserver leur sécurité et la vie en communauté de leur quartier. Amanda est mère de trois enfants et soutiendra le candidat républicain. "Je pense que Trump a un état d’esprit qui correspond plus aux familles traditionnelles américains. Je pense au fait de travailler dur. Il fait tout pour que nous ayons un emploi. Mon mari a une petite entreprise familiale et je pense que Trump sera le meilleur candidat pour l’aider à se développer. J’ai peur de ce qui pourrait arriver si Biden devait être élu !"

D’après différentes études, Républicains et Démocrates seraient au coude-à-coude dans les banlieues, mais sur les pelouses des maisons cossues de Evans, les pancartes de soutien à Donald Trump sont majoritaires, et de loin.  
 

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