Les élections sénatoriales, c'était dimanche. La droite a reculé mais conserve la majorité. Le prochain Président de la Haute Assemblée sera donc issu de ses rangs. Son élection est prévue la semaine prochaine. Et pour départager les sénateurs briguant la succession de Christian Poncelet, le groupe UMP organise demain une primaire, qui donne lieu à une bataille acharnée. "Au Sénat on tue aussi, mais quand les cadavres tombent, ils font moins de bruit parce que la moquette y est plus épaisse". Cette phrase, elle est de Jean-Claude Gaudin, le sénateur-maire de Marseille, et elle résume assez bien la façon dont les choses se passent au palais du Luxembourg. Les éclats de voix y sont rares, mais les batailles peuvent y être rudes. C'est ce que raconte le sénateur UMP Christian Demuyinck, qui décrit l'attention -très intéressée- que les candidats portent à leurs collègues qui sont autant d'électeurs potentiels. Christian Demuyinck qui s'inquiète par ailleurs de l'image que cette primaire risque de donner du groupe UMP à l'extérieur du Sénat (interview). A travers les propos de Christian Demuyinck, pour les candidats, tous les moyens sont bons pour conquérir les suffrages de leurs collègues. Un à un. Entretiens en tête à tête, textos amicaux et autres petites attentions... Et puis, il y a les affinités, qui vont bien au-delà de la sensibilité politique. Il existe en effet de nombreux cercles, clubs et autres amicales au Sénat... C'est ce qu'explique le rapporteur du budget, Philippe Marini, qui est lui-même candidat dans cette primaire UMP (interview). Philippe Marini est donc candidat. Mais il y en a aussi et surtout deux autres : Jean-Pierre Raffarin et Gérard Larcher, les deux grands favoris de cette primaire. Hier, les deux hommes ont pris un café ensemble à la buvette du Sénat. Mais aussitôt cette trêve achevée, tous les deux sont repartis à la pêche aux voix dans les couloirs pourpre et or du Sénat. Très offensif dans cette campagne, l'ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, estime être le mieux à même de rassembler les différentes sensibilités de l'UMP (interview). Gérard Larcher, qui a mené une campagne plus tranquille, en apparence au moins, insiste beaucoup, lui, sur les liens qu'il a tissés avec ses collègues au fil des ans. Du coup, quand on lui demande si -en rendant visite à un sénateur qui vient d'être élu- il est campagne, voilà ce qu'il répond : (interview). En fait, Gérard Larcher, qui est issu de l'ancien RPR, compte notamment sur de solides réseaux gaullistes et maçonniques au sein du Sénat. Bref, vous l'avez compris, dans cette campagne, au-delà des propos officiels, souvent assez convenus, tout se joue en coulisses. C'est bien ce que conteste le sénateur UMP Alain Lambert, qui envisage d'être candidat à la présidence du Sénat, mais sans passer par les primaires (interview). Quoiqu'il en soit, compte-tenu des forces en présence au Sénat, c'est bien le vainqueur de la primaire UMP qui devrait devenir, la semaine prochaine, le prochain Président du Sénat. L'élection du deuxième personnage de l'Etat, l'homme qui peut être amené à assurer l'intérim du Président de la République en cas de défaillance, se jouera donc à guichet fermé. Un reportage de Ludovic Fau.

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