Exceptionnellement, deux zooms de la rédaction on été diffusés à l'antenne aujourd'hui. Pour écouter l'autre zoom, "Restera-t-il à manger en 2050 ?" rendez-vous ici.

Lisiere de la foet de Marsabit
Lisiere de la foet de Marsabit © Radio France / Julie Pietri

Le Kenya, pays sec : 80% de zones arides ou semi arides. Et ça ne s'arrange pas. Dans le Nord du pays, partie la plus touchée, un combat commence : protéger une forêt, seule source d'eau de la région.

Pour l'atteindre, il faut quitter la capitale Nairobi et voler pendant 2 heures. Sous nos pieds, des paysages rocailleux, sabloneux, se succèdent. En cette saison sèche, l'eau a souvent quitté les lits des rivières. Et puis soudain. Sortie de nulle part. Il y a cette forêt de Marsabit . Touffue, verte. Comme une oasis en plein désert. Elle ressemble un petit peu à une foret européenne. On n'a pas du tout l'impression d'être dans une jungle. Mais il ne faut pas s'y tromper, la forêt ne cesse de perdre du terrain.

Et c'est à cause de l'homme. Plus le climat se réchauffe. Plus l'eau se fait rare. Plus l'homme a besoin des ressources de la forêt. Pour nourrir le bétail, par exemple.

Galgalo Duba , un berger de 51 ans, surveille l'un des rares puits de la région qui fonctionne encore. Des centaines de vaches, de chèvres viennent s'y désaltérer.

Puits à Marsabit
Puits à Marsabit © Radio France / Julie Pietri

Un troupeau en forêt, ça fait des dégâts. Eau engloutie, herbe et arbustes piétinés.La forêt ne peut se régénérer. Or, aujourd'hui, 80% des puits sont à sec. L'alerte orange sécheresse a été déclenchée. Et on croise déjà dans la forêt des animaux qui n'ont rien à y faire.

L'autre problème, sans doute le plus important, c'est la déforestation

Arbres abattus illégalement. Bois coupé pour construire, chauffer, cuisiner. Là il n'est plus question de bétail qui risque de mourir, mais ça revient au même. Sans collecte, pas de revenus pour la famille. Sur le marché de Marsabit, les braconniers, des femmes pour la plupart, ne se cachent même pas. Pour en sortir, il faut des alternatives. Samuel Moye , est en charge de la protection de la foret de Marsabit. Il essaye, avec d'autres, de mettre en place des solutions.

Pour créér des plantations, sensibiliser, former des rangers aussi pour sécuriser la forêt, il faut de l'argent. Qui n'est pas toujours disponible.

Alors des ONG américaines ou kenyanes financent. Et surtout, le gouvernement kenyan a emprunté huit millions d'euros à l'Agence Française de Développement . Pour agir avant qu'il ne soit trop tard.

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