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Mesure de croissance du maïs
Mesure de croissance du maïs © Radio France / Sophie Becherel

En 2050, quand la planète accueillera presque dix milliards d'habitants, y aura t-il de quoi les nourrir ? Prenons l'exemple du maïs et du blé , les 2 céréales les plus cultivées au monde. Ces plantes ont bénéficié des progrès phénoménaux en terme de rendement depuis 100 ans. Désormais, pour contrer les effets du réchauffement climatique, les chercheurs doivent mettre les bouchées doubles.

Jusqu'ici, tout a bien fonctionné. Produire de quoi manger, de quoi rouler (les agrocarburants),avec moins d'intrants et de pesticides, les agriculteurs ont rempli le contrat. Aidés par des semences toujours plus performantes: 1% de rendement en plus chaque année, le double depuis les années 60. Sauf que la machine s'est enrayée souligne Gilles Charmet , chercheur à l'INRA de Clermont-Ferrand dans l'unité génétique, diversité et écophysiologie des céréales.

Pourquoi faut-il produire toujours plus ?

Pour assurer la sécurité alimentaire mondiale et pour éviter une flambée du prix des céréales. Comme le changement climatique va plus vite que les sélectionneurs (qui ont besoin de 10 ans pour mettre au point une nouvelle variété), les chercheurs entrent dans le dur de la sélection. Comprenez, la selection génomique et le phénotypage.

Une technique qui permet de façon automatique d'étudier des milliers de variétés à la fois. Entrons dans la serre de phénotypage de l'INRA à Montpellier avec le chercheur François Tardieu , un des pionniers de la méthode.

là vous avez devant vous 1800 plantes en pot

L'intérêt d'une plateforme comme celle là, c'est l'aller au delà des gènes, plus dans le détail.. Parce que figurez vous que si les plantes ont le même génome, elles n'ont pas tout à fait les mêmes gènes.Comme dans une fratrie où les enfants, bien qu'ayant hérité des gènes du même père et de la même mère, sont différents. Il y a celui qui a la peau plus claire, celui qui est plus fragile, plus grand. C'est ça le phénotype. Pour les plantes, c'est pareil nous explique François Tardieu.

Elles ont les mêmes gènes mais des formes de gènes différentes

Sur cette plateforme que vous pouvez voir en photo sur notre site internet, les plantes sont régulièrement prises en photo et cela permet d'en faire des modèles virtuels qui sont ensuite étudiés. Vous l'avez compris, le riz qui pousse sans eau ou la tomate qui n'a besoin que de 10' de soleil, ce n'est pas près d'arriver..

Mais la culture sous serre ne suffit pas. C'est pourquoi les agronomes vont aussi aux champs pour leurs expériences.

Maud Tenaillon est chercheuse au CNRS et elle nous emmène sur une parcelle de maïs.

L'important pour un maïs, c'est que sa date de floraison. Date que le changement climatique bouscule, dit Christine Dillman est biomathématicienne à l'université Paris Sud.

Là encore, c'est au niveau des gènes que regardent les chercheurs. La floraison, c'est une centaine de gènes en action. Cela donne une idée de la complexité du vivant et la difficulté de conseiller de façon infaillible les agriculteurs. Christine dillmann.

Sécheresse et hausse des températures ont été prioritaire. A présent, il faut comprendre l'impact du CO2. Plus de gaz carbonique dans l'air, c'est en théorie une photosynthèse accrue. Enfin, un impact favorable du changement climatique. Sauf que dans la réalité, ce n'est pas ce qui se passe : atteindre 14% de rendement en plus d'ici 2050 comme suggéré par le GIEC sera bel et bien un défi.

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