Le jeu vidéo Pokémon GO, gigantesque succès sur les smartphones du monde entier, est gratuit. Mais il pourrait rapporter gros à beaucoup de monde, et pas seulement son éditeur...

Pokémon GO est un succès mondial (ici au parc de La Vilette à Paris)
Pokémon GO est un succès mondial (ici au parc de La Vilette à Paris) © Maxppp / Arnaud Dumontier

Les jeunes et moins jeunes ne jouent qu'à ça, peut-être vous même l'avez vous téléchargée : l'application Pokémon GO fait actuellement un véritable carton, au grand bonheur de Niantic, son éditeur, mais aussi d'entreprises et de particuliers qui n'hésitent plus à se réapproprier ce jeu à des fins commerciales.

Parmi eux Bertrand, la trentaine, qui loue pour l'été son appartement à Paris, sur le site Airbnb. Sa chance, c'est de vivre dans un 2 pièces qui présente un intérêt majeur pour les fans de Pikachu : il se situe sur une "Arène", un ring que se disputent les joueurs, bref un lieu incontournable. C'est en voyant une horde de joueurs se ruer en bas de chez lui que notre hôte a décidé d'en faire un argument de vente, et de l'ajouter à son annonce. Depuis, c'est la folie.

Dans ce même esprit, des agences immobilières ont décidé de suivre le mouvement. Comme d'autres entreprises, Monoprix ou encore BUT. En juillet, l'enseigne spécialiste de l' ameublement a organisé des journées spéciales de chasse aux Pokémon dans ses magasins. A la clé, des bons d'achat de 200 euros pour les meilleurs chasseurs. Une opération lancée en deux jours à partir d'une simple vidéo sur les réseaux sociaux. En tout, l'opération BUT aura fait venir 40 000 visiteurs en plus en trois jours.

Investissement minimal pour carton commercial

La preuve que le jeu permet de générer un trafic considérable dans les magasins. Ça, bien sûr, son éditeur le sait, et entend bien le monnayer. Au Japon, McDonald's paie désormais pour que tous ses restaurants apparaissent dans le jeu comme des lieux de ravitaillement.

Enfin, avec son jeu, l'éditeur Niantic réussit peut-être le casse du siècle en terme de données personnelles. En téléchargeant l'application Pokemon GO, l'utilisateur donne libre accès à une partie des données de son téléphone. Le jeu a accès à vos déplacements, et donc potentiellement à vos habitudes de shopping. Une mine d'or dont l'éditeur peut clairement espérer faire business.

Une partie des données auxquelles l'application Pokémon GO a accès (ici sur Android)
Une partie des données auxquelles l'application Pokémon GO a accès (ici sur Android) © Radio France / Olivier Bénis

La vraie question est maintenant de savoir combien d'entreprises au juste accepteront de payer pour avoir ces données. Car au final, si certains profitent aujourd'hui du jeu, c'est bien son éditeur qui pourrait se frotter les mains. À condition encore une fois qu'il remporte son pari.

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