Suite de notre série d'été sur les innovations dans les domaines du quotidien. Ce matin gros plan sur l'énergie, un secteur en pleine révolution.

Les panneaux solaires
Les panneaux solaires © Maxppp / Christian Watier

Dans les laboratoires ou les start up, ingénieurs et chercheurs se creusent la tête pour mettre au point des technologies capables de produire plus propre et moins cher.

La tendance est à l'autoconsommation, une possibilité ouverte par la loi de transition énergétique. L'idée c'est de consommer l’énergie que l'on produit, avec ses huit panneaux solaires sur le toit de la maison. Jean-Jacques est retraité à Draguignan et il a vite fait le calculs : "dans le Var on a une source d'énergie très intéressante qui est le soleil, alors pourquoi ne pas l'utiliser de façon a réduire le coût de mes factures. Les kilowatts que je ne consomme pas et qui retournent dans le compteur EDF me sont décomptés. Le compteur tourne à l'envers et à la fin de l'année je paye en fait moitié moins qu'avant et ça aussi un impact sur l'environnement".

Jean-Jacques est l'un des 14 000 nouveaux autoconsommateurs, qui se sont laissés séduire ces derniers mois, confirme Jean Baptiste Galland chargé de la stratégie chez ENEDIS : "On veut savoir ce qu'on consomme, c’est ça la tendance. Si on produit de l'énergie solaire, on se dit 'je vais essayer de consommer cette production et pour ça il faut que je m'organise pour que mon installation consomme ce que j'ai produit, plutôt que de le revendre à d'autres'."

Et depuis le premier janvier, avec les nouveaux compteurs Linky communicants, on peut calculer à la fois l'électricité produite et l'électricité consommée.

Pour le moment, ces autoconsommateurs ne pèsent pas lourds face aux 35 millions de clients d'EDF, mais ça pourrait changer.

Depuis l'hiver dernier, on peut consommer ce qu'on produit à l'échelle d'une copropriété, d'un quartier, d'une entreprise

Les plus demandeurs ce sont l'agroalimentaire et la grande distribution. A l'image du PDG des supermarchés Michel Edouard Leclerc : "Il y a des panneaux solaire que nos développons sur les magasins et maintenant sur les ombrières au dessus des voitures là où il fait très beau. Il y a récupération de la chaleur émise par la chaîne du froid, des piscines à inertie qui permettent de stocker de l'énergie. Tout cela permet à ces magasins d'être autosuffisants à 99 %. La question maintenant est de savoir s'ils peuvent produire de l'énergie pour les autres : particuliers ou entreprises de la zone industrielle alentours, de l'énergie tarifée à des prix non prohibitifs". Sauf que vendre l'énergie que l'on produit soi- meme, pour le moment la loi l'interdit en France.

Le réseau électrique est-il capable d'accueillir toutes ces nouvelles pratiques d'autoconsommation ?

C'est tout le problème : quand vous appuyez sur l'interrupteur, l’électricité arrive en flux continu, or avec les éoliennes et les panneaux solaires, il y a parfois des pics de production très brutaux en fonction de la météo, des pics gérés au quotidien par le réseau électrique RTE, son président Hervé Brotte : "Lorsque le soleil est très puissant et qu'il apporte beaucoup d'électrons, à un moment où on en consomme peu, il faut qu'on s'adapte à ça et qu'on soit en capacité de récupérer cette énergie pour un autre moment. C’est à nous d'assumer, dans le cadre de nos devoirs de service public, le fait que tout le monde puisse trouver sa place sur le réseau électrique."

Si le soleil tape dur, les panneaux solaires emmagasinent beaucoup d'énergie, qu'il faut ensuite répartir immédiatement. Toute la difficulté c'est de la stocker. Sur ces autoroutes électriques, il faut gérer les bouchons avec souplesse. Pour David Game, en charge du projet Ringo, chez RTE, l'idée c'est de trouver le bon tempo : "Au lieu de poser une ligne qui ne va durer que quelques années, je vais pouvoir avec des batteries, absorber l'énergie à un endroit, par exemple dans le nord, au milieu d'une ferme éolienne, et relâcher l'énergie ailleurs, par exemple dans des batteries localisées à Marseille et sans poser de lignes entre les deux. C’est donc plus esthétique et plus économique puisqu'on n'a pas à construire de ligne. Ringo va contribuer à donner le rythme du réseau et à donner un système stable, malgré les renouvelables." Le brevet de ce projet est déposé.

En France la transition énergétique est en marche : la production d’éolien, solaire ou d'hydraulique a augmenté de près de 8 % l'an passé.

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