L'école peut-elle être un moteur de liberté ? Des élèves de troisième du collège Georges Rouault dans le XIXe arrondissement de Paris se sont posés la question lors d'un reportage réalisé en prison grâce à la journaliste de France Inter Sara Ghibaudo.

Ce soir c'est la dernière de la saison 4 d'Interclass'. Pour cette ultime émission, des élèves de troisième nous immergent dans des classes bien singulières : celles de prison. Parce que, peine carcérale ne veut pas dire fin de l'éducation, bien au contraire. 

Une fois avoir passé tous les contrôles de sécurité, les apprentis reporters rencontrent des étudiants de BST. Un élève, Kevin, attire leur attention. On ne connait pas les raisons de son incarcération, mais il est en prison depuis quatre ans. 

Quand j'étais plus jeune, et un peu excité, j'ai fait collège et lycée. En fait, j'avais des facilités à l'école mais j'étais dissipé.

Les détenus peuvent parfois mettre plusieurs mois voire plusieurs années à profiter des cours. La raison principale de cette durée d'attente est que pour étudier, il faut avoir un comportement irréprochable. 

À 25 ans, Kevin a obtenu son diplôme du brevet mention très bien. Son objectif pour l'an prochain est de suivre les cours de licence.  

"Quand je ne les vois pas revenir, je me dis que j'ai réussi"

Une fois sortis des murs de la classe, les conditions d'incarcération rendent difficiles les révisions des prisonniers. À deux, trois, voire à quatre dans une même cellule, les étudiants n'évoluent pas dans l'environnement le plus favorable à l'apprentissage. Pourtant, Sylvie Paré leur professeure y croit. Pour elle, ces études sont de vraies échappatoires. Cette année, les résultats le confirment d'ailleurs avec un taux de réussite de 100 % au bac. 

Sylvie Paré conclut que si elle ne les revoit pas, elle aura réussi à leur offrir une porte de sortie.

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