Rien ne va plus pour le groupe allemand Bayer ! Le mariage avec Monsanto l’an dernier a fait depuis chuter l’action en bourse de cette entreprise symbole de la chimie outre-Rhin. Monsanto et son glyphosate ont subi leurs premiers revers judiciaires aux Etats-Unis et c’est maintenant Bayer qui se retrouve plombé.

La société Bayer assume le rachat de Monsanto.
La société Bayer assume le rachat de Monsanto. © Radio France / Ludovic Piedtenu

Aucun commentaire de la part de la direction de l'entreprise Bayer. Personne ne répondra aux sollicitations de la presse avant l'assemblée générale des actionnaires qui devrait se tenir ce vendredi 26 avril dans un climat de doute.

Certains actionnaires historiques considèrent comme une erreur le rachat du semencier américain Monsanto par le géant allemand de la chimie. Une entreprise qui compte en Allemagne. Dans la rue, cet homme ne décolère pas :

On parle d’une entreprise cotée en bourse, qui fait partie du DAX. C’est donc important pour l’économie allemande. Je pense que c’est un gâchis causé par les gérants de Bayer. Ces personnes devraient se retrouver devant un tribunal, c’est mon opinion personnelle, parce que c’est un crime contre l’humanité, ça va contre l’économie et le bon sens. C’était une erreur ! Pour moi, cela ne donne pas une bonne image de l’Allemagne dans le monde. Je lis beaucoup les nouvelles et je sais que Bayer emploie de très nombreuses personnes. Il y a des familles en jeu. Ce qui veut dire qu’il faut mettre les bonnes personnes pour diriger cette société afin que de telles erreurs ne se reproduisent pas.

C’est donc Werner Baumann, le PDG de Bayer qui se retrouve en position d’accusé par des actionnaires furieux. Ceux qui ne comprennent pas pourquoi leur entreprise connue pour avoir inventé l’Aspirine a choisi de racheter très cher (56 milliards d’euros) Monsanto dont le nom est associé au Roundup, cet herbicide à base de glyphosate, visé par plus de 11 000 procédures judiciaires aux Etats-Unis. Et depuis le rachat en juin 2018, déjà deux condamnations.

« On leur avait bien dit » s’agace Marius Stelzmann, il dirige la coordination contre les méfaits de Bayer.

L’industrie chimique cherche depuis 2010 à établir des positions monopolistiques par le biais de fusions. Bayer a voulu rester dans la course et ne pas se laisser distancer par d’autres grandes sociétés. D’où ce rachat. Cependant, tous les problèmes étaient évidents assez tôt et nous, en tant que coordination, nous avons bien sûr alerté dès le début. La meilleure chose à faire serait qu’une grande partie des actionnaires rejoignent notre position et nos critiques. Mais cela me semble peu probable, malheureusement.

Ces fusions dans cette industrie agro-chimique ont entraîné une hausse des prix des semences et la faillite de certains agriculteurs. Ceux qui résistent sont aussi plus fragiles face à des groupes de cette taille. Et en bout de chaîne, une hausse des prix pour le consommateur n’est pas à exclure. Ce sont toutes ces idées que défendra elle aussi à la tribune après-demain, Lena Michelsen. Elle milite au sein de l’organisation INKOTA.

Autant de prises de paroles qui sont comme autant de grains de sables ajoutés dans la chaussure du PDG de Bayer.

Je vois dans ce rendez-vous de vendredi une grande opportunité car Bayer fait l’objet de vives critiques et je pense qu'il est important que les actionnaires, mêmes les moins informés, soient sensibilisés sur les aspects problématiques du groupe Bayer, avec ou sans Monsanto. Peut-être qu’ils vont finir par se réveiller et voir ce qui ne va pas. 

Le groupe Bayer publiera ses résultats demain jeudi 25 avril, à la veille de cette assemblée générale. On sait déjà que l’entreprise a perdu plus de 30 milliards d’euros de valeur boursière. Bayer vaut aujourd’hui 52 milliards d’euros… soit un petit peu moins que les 56 milliards qu’il a déboursés pour le rachat de Monsanto.

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