Le 24 janvier, le sud-ouest de la France était balayé par la tempête Klaus. Bilan : 11 morts, 500 000 sinistrés, des forêts dévastées et plus d'un milliard d'euros de dégâts. L’état de catastrophe naturelle a été reconnu pour 9 départements. Un mois après, retour dans les Landes, le département le plus touché, à Meilhan, un petit village à une vingtaine de kilomètres de Mont-de-Marsan. Ici, la vie a presque repris son cours normal. Les habitants ont remis les bougies et les groupes électrogènes au placard. L'électricité est maintenant rétablie depuis 2 semaines. Arlette nous reçoit avec un large sourire. Nous nous étions déjà rencontrés juste après la tempête. Arlette vivait alors dans la pénombre, sans eau chaude ni chauffage (interview). Dans les Landes, plusieurs centaines de foyers sont toujours privés de téléphone. Certains restent branchés sur des groupes électrogènes. D'après EDF, il faudra encore plusieurs mois pour réparer les lignes endommagées. Avec des fils électriques et téléphoniques qui jonchent le sol sur des kilomètres, des cheminées effondrées, des toitures envolées, les Landais prennent peu à peu conscience de l'étendue des dégâts (interview). Le bruit des tronçonneuses rythme désormais le quotidien des Landais car aujourd'hui, on s'inquiète surtout pour la forêt. 300 000 hectares de pins déracinés, cassés nets, décimés par les vents. Cet enchevêtrement de bois et de branches risque de favoriser les incendies cet été. Il faut donc nettoyer au plus vite. Benoît Bodennec est ingénieur à la DFCI, association régionale qui protège la forêt contre les incendies (interview). Des forêts dévastées et de lourdes conséquences économiques pour l'Aquitaine, notamment dans la filière bois, qui emploie 34 000 salariés dans la région et qui est aujourd'hui menacée. D'autant plus que la tempête est survenue dans un contexte déjà délicat pour l'industrie forestière. Avec des stocks trop nombreux et difficiles à écouler. Aujourd'hui, le bois abattu n'a plus aucune valeur marchande. Au grand dam de Jean-Luc Blanc-Simon. Ce sylviculteur possède - ou plutôt possédait - 400 hectares de forêts dans les Landes. Il vient de perdre 10 ans de récolte (interview). Sans aides directes de l'Etat, de nombreux sylviculteurs n'auront pas les moyens de reboiser. Une hypothèse qui pourrait avoir de graves conséquences écologiques. Dans une région marécageuse comme les Landes, le pin maritime permet en effet d'assainir les sols. Il protège également contre l'avancée des dunes et capte le CO2. Quoiqu'il en soit, il faudra attendre plusieurs décennies avant que les Landes de Gascogne retrouvent leur visage d'avant la tempête. Un reportage de Yann Gallic.

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