Aujourd'hui, la grève des fonctionnaires risque de toucher aussi l'hôpital. La semaine dernière, les médecins ont signé un accord pour le paiement d'une partie de leur RTT. Les infirmières sont, pour l'instant, les oubliées des comptes. Elles sont pourtant indispensables. Indispensables, mais en nombre insuffisant. 16 000 infirmières, infirmiers, sont formés chaque année. Cependant, il y a actuellement 2500 postes vacants en Ile-de-France, autour de 600 dans les hôpitaux de Marseille. Le métier n'attire plus comme avant : les salaires n'ont pas suivi, les conditions de travail se sont durcies. La vocation presque humanitaire du "service à la personne" existe toujours, mais ça ne suffit plus. Reportage avec des infirmières qui parlent de leur métier : Martine, Patricia, Violette et Nasséra travaillent à l'hôpital Avicenne de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, dans le service de cancérologie, là où les patients viennent suivre leur chimiothérapie. Reportage Dans ce service de l'hôpital Avicenne, Martine, en fin de carrière, gagne 2 200 euros nets, le salaire de départ tourne autour de 1 500 euros, le maximum sera atteint en 21 ans et ne bougera plus. 700 euros de plus sur toute une vie professionnelle, pas facile à accepter, surtout quand on est diplômé bac + 3 et que pour des raisons budgétaires, on ne reconnaît que 2 années d'études supérieures. Quant aux jours de RTT, ils peuvent rarement être pris, et les heures supplémentaires ne sont pas payées. On voudrait dissuader qu'on ne s'y prendrait pas mieux. Des négociations sont normalement prévues la semaine prochaine sur la reconnaissance bac + 3, et une éventuelle revalorisation des salaires - cela doit devenir un dossier prioritaire, car d'ici 2015, 55% de la profession infirmière part à la retraite, la majorité aura alors moins de 5 ans d'expérience. C'est maintenant qu'il faut s'engager sur le maintien de la qualité des soins, encore élevéé mais jusqu'à quand ? Une enquête de Danielle Messager.

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