La militante est allée soutenir des personnes dont les maisons ont été détruites par l’incendie de novembre dernier en Californie. Elle les a encouragés dans leur combat contre la compagnie qui serait à l'origine du drame.

Erin Brockovich avec des sinistrés de Paradise
Erin Brockovich avec des sinistrés de Paradise © Radio France / Gregory Philipps

Erin Brockovich, activiste, militante de l’environnement, mondialement connue depuis le film de Steven Soderbergh sorti en l'an 2000 (dans lequel son personnage était interprétée par Julia Roberts) a repris son bâton de pèlerin. La militante américaine de 58 ans avait permis la condamnation en 1993 d’une société pour avoir déversé des produits toxiques dans des eaux potables.

Cette fois, elle a rendu visite aux sinistrés de Paradise, en Californie, ravagé par les flammes début novembre par l’incendie Camp Fire, qui avait fait 86 morts, dévasté 14.000 maisons et détruits 620km² de forêt. Son but : défendre ces gens et faire condamner la compagnie d’électricité qui est, selon elle à l’origine de cette catastrophe. 

Déjà en décembre dernier, Erin Brockovich, était venue soutenir une première fois ces milliers de résidents chassés de leur maison par les flammes. Cette fois, en ce soir de 22 janvier, dans la salle, il y a 250 à 300 sinistrés. Le 8 novembre dernier, au matin, le feu a été si rapide à Paradise que la plupart de ces gens ont tout perdu. Erin Brockovich monte sur la scène. Et en quelques secondes, avec une plaisanterie sans doute pas très neuve, elle met tout le monde dans sa poche : 

Erin Brockovich est venue soutenir les habitants dans leur lutte contre une compagnie américaine qui serait responsable de l’incendie qui a fait au moins 86 morts
Erin Brockovich est venue soutenir les habitants dans leur lutte contre une compagnie américaine qui serait responsable de l’incendie qui a fait au moins 86 morts © Radio France / Grégory Philipps

J’allais vous faire la blague : désolée, je ne suis pas Julia Roberts ! Mais bon… Je n’ai pas vraiment envie de plaisanter

Puis Erin Brockovich raconte son histoire : comment, dans les années 90, elle est partie en guerre contre la compagnie PG&E qui avait déversé des produits toxiques dans l’eau potable de la petite ville de Hinkley et comment elle est parvenue à faire condamner l’entreprise à verser 333 millions de dollars aux familles des victimes.

La compagnie PG&E de nouveau pointée du doigt

C’est cette même compagnie d’électricité qu’elle retrouve ici à Paradise, fortement soupçonnée d’avoir été au départ de l’incendie le plus meurtrier de l’histoire de la Californie, puisqu'elle a reconnu que le feu de novembre dernier a pris sous ses lignes à haute-tension de la forêt. Aujourd’hui PG&E envisage de se déclarer en faillite pour éviter des prochaines poursuites : "Je suis dégoûtée par tout ce que cette entreprise a pu faire. À tellement de gens. Je n’oublierai jamais ce qui s’est passé à Hinkley. Les gens empoisonnés. Ils étaient ma famille et mes amis. Certains sont morts. Je n’oublierai jamais les gens qui sont morts à San Bruno en 2017"

Je n’oublierai pas ce que vous avez dû traverser. Et pour cette raison, je vous jure que… je vais les emmerder jusqu’au bout. Et on sera avec vous jusqu’à la fin, jusqu’à ce que vous soyez indemnisés

Dans la salle, ces rescapés semblent convaincus par le charisme et les mots de Brockovich : "On vient de revoir son film, dit Debbie, je ne sais même pas combien de fois on l’a vu ! Elle est géniale. L’avoir ici avec nous ça veut dire beaucoup. Parce qu’on sait qu’elle s’intéresse à nous". David ajoute : "Vous savez, des gens vivent encore sous des tentes. Ou à l’hôtel. Un tsunami, vous ne pouvez poursuivre personne. Des inondations, pareil. Mais là, on nous parle de pylônes électriques qui ont presque 100 ans. Ça suffit, il faut arrêter ça. Erin s’intéresse aux gens, je le vois. Ce n’est pas juste du blablabla".

Erin Brockovich à Chico, a passé deux heures à parler aux présents
Erin Brockovich à Chico, a passé deux heures à parler aux présents © Radio France / Grégory Philipps

"Je suis déjà passé par là"

A la fin de la réunion, on est frappé par la disponibilité d'Erin Brockovich qui passe près de deux heures à répondre individuellement à chacune de ces personnes : "Ils sont mon inspiration. Après toutes les épreuves qu’ils ont traversées, ils ont le courage et la force de venir à cette réunion. Ils vont devoir batailler longtemps, mais je vais les accompagner. Je suis déjà passée par là. Je vais essayer de leur donner des conseils, de l’affection, de l’espoir, de la combativité. Tout ce que je peux partager avec eux. C’est cela que je dois faire".

À Paradise, Erin Brokovich a rejoint l’équipe d’un avocat local, Joe Earley  qui a perdu sa maison et son cabinet dans l’incendie. Et tous les deux - avec leurs collaborateurs - cherchent maintenant à convaincre un maximum d’habitants de porter plainte avec eux contre PG&E : "Elle a une connaissance très très profonde de tout ce qui touche à cette compagnie. Elle a vu et vu encore ce qu’ils étaient capable de faire, précise Earley. Moi je n’ai pas cette compétence, et personne à Paradise ne l’a". 

Oui, je la considère comme une héroïne américaine. Évidemment !

Plus de deux mois et demi après le drame, Paradise est encore un champ de ruines et de cendres,  dans lequel les habitants cherchent encore dans les débris calcinés quelques traces de leur vie passée. À ceux qui ont perdu, un proche, une maison et tous leurs souvenirs, Erin Brokovich promet que les responsables devront payer…

L'incendie "Camp Fire" a fait au moins 86 morts et détruits 14 000 maisons
L'incendie "Camp Fire" a fait au moins 86 morts et détruits 14 000 maisons © Radio France / Grégory Philipps
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