Lancées en 2013, les "routes de la soie", connues aussi sous le nom de "one belt, on road", "une ceinture, une route", représentent, selon la Chine, une chance unique de relancer la croissance mondiale, grâce à des nouvelles routes commerciales maritimes, terrestres, ferroviaires en Asie, Europe et Afrique.

Les cheminots préparent le premier train au départ de Shijiazhuang, destination Moscou, le 29 juin pour le lancement de la ligne Chine-Express qui fait partie de la mise en œuvre de l'Initiative "one belt, on road"
Les cheminots préparent le premier train au départ de Shijiazhuang, destination Moscou, le 29 juin pour le lancement de la ligne Chine-Express qui fait partie de la mise en œuvre de l'Initiative "one belt, on road" © Maxppp / EPA / Aleksandar

C'est le projet phare de Xi Jinping. Mais les "routes de la soie" sont-elles une opportunité pour tous, ou surtout pour la Chine qui veut accroître son influence dans le monde ?  

C'était début Juillet à Shijiazhuang, à 300 kilomètres de Pékin. Un nouveau train rempli de marchandises s'élance direction Moscou. Il mettra 13 jours pour atteindre la capitale russe. Ce matin-là, tout le gratin du parti communiste local est présent pour l'inauguration, ainsi que le PDG de la société YIBO, Liu Yunpeng. 

Sur 200 hectares, Monsieur Liu a construit deux lignes de train, coût de l'investissement, plus de 600 millions d'euros : "À bord, Il y a des pièces automobile, des vitres d'automobile, on a rempli 41 containers. Ce sont des produits fabriqués spécialement dans les entreprises de la  région. Nous les rassemblons, puis on envoie le tout à Moscou. Depuis que nous avons fait de la publicité pour le lancement de nos lignes de train, beaucoup de clients viennent nous voir. Courant Juillet, un deuxième train partira. L'objectif est de mettre en place des convois réguliers. Dans le sens Russie-Chine, le train ramènera  des marchandises comme du bois, du blé et de l'huile de colza. Nous avons mis deux ans pour construire ces installations. Le train fait un arrêt à la frontière sino-russe, Moscou c'est le terminus." 

A renfort de films de propagande, les "routes de la soie" sont devenues le programme dont tout le monde a entendu parler. Les projets d'infrastructure, évalués à 1 200 milliards de dollars, se multiplient, affirme Ding Yifan économiste et conseiller du gouvernement : "L'année dernière la Chine a signé plus de 500 contrats, souvent ce sont des projets d'infrastructure, de grands travaux, qui nécessitent plusieurs années de construction : construction de ports, de grand ponts, de centrales hydrauliques. Tout ça nécessite des financements constants qui s'échelonnent sur plusieurs années." 

70 pays participent aux "routes de la soie" à travers l'Asie, l'Europe de l'Est, et l'Afrique.

Beaucoup de chantiers sont financés par des prêts chinois. Le risque de surendettement, pour les pays qui signent, préoccupe le FMI. 

L’Union européenne a refusé de signer le protocole d’accord proposé par la Chine, car elle veut qu’y soient inscrites les règles en vigueur dans l’espace européen sur les appels d’offre : la responsabilité sociale économique et environnementale, a récemment rappelé le Premier ministre Edouard Philippe lorsqu’il est venu en visite en Chine : "Les 'routes de la soie' c'est évidemment une vision d'organisation et de développement du trafic maritime et de marchandise physique partout dans le monde. De ce point de vue, c'est évidemment un très bon projet et nous l'accompagnons. Nous souhaitons qu'il puisse être à la fois transparent, pour que l'ensemble des entreprises françaises qui sont intéressées puissent y participer. Nous souhaitons qu'il s'inscrive dans la logique qui doit prévaloir de l'accord de Paris, c'est-à-dire un commerce maritime ou un commerce mondial plus respectueux des enjeux de protection du climat. L'enjeu pour les pays européens c'est toujours d'avoir, dans la mesure du possible, une position commune, plus nous sommes unis plus nous sommes forts, que nous sommes entendus."

Mais en Europe de l'est et du sud on se montre plus accueillants au projet des "routes de la soie", ce qui inquiète à Bruxelles. Il ne s’agit pas d’un complot chinois a assuré Xi Jinping. 

90 % du commerce mondial passant les mers, Rodolphe Saadé, PDG du groupe français, CMA-CGM, troisième compagnie de fret maritime du monde, a déjà choisi : "Nos navires partent de Chine et font escale tout au long de la 'route de la soie', que ça ce soit en Méditerranée ou ailleurs. Nous sommes un acteur de la 'route de la soie' bien sûr. Nous passons par le canal de Suez pour ce qui est des exportations à destination de l'Europe, nous allons à Méditerranée, nous allons également dans d'autres destinations."

La Chine considère que la Méditerranée est au cœur des "routes de la soie" car elle peut alimenter l'Europe et l'Afrique.  Le port de Marseille vient de signer un accord avec le port de Shanghai.

Les entreprises s'emparent du sujet des "routes de la soie" pour voir quelles sont les opportunités. Mais l'Union européenne ne veut pas s'engager, les règles du "belt and road" manquent encore de transparence et surtout de concertation entre toutes les parties.  

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