Le procès AZF se termine la semaine prochaine. Le 21 septembre 2001, la catastrophe avait fait 31 morts et des milliers de blessés. Aujourd’hui, l’accusation dira quelles sont les peines requises à l’encontre de l’usine AZF et son directeur de l’époque. Après 4 mois de procès, les Toulousains en savent un peu plus, mais pas beaucoup plus. La thèse de l’accusation, c’est que deux produits chimiques qui ne devaient pas se rencontrer, ammonitrates et DCCNA, deux produits chimiques fabriqués à Toulouse, dans deux secteurs différents de l’usine AZF, se sont rencontrés par la faute de sous traitants, mal formés, dira le procès. Agnès Caséro défend des victimes originaires des quartiers entourant l’ex usine AZF (interview). Pour la CGT et l’avocat de l’ancien responsable sécurité, mort sur le site, l’abus de sous-traitance est à l’origine du drame. C’est en tout cas une explication possible. Les sous traitants étaient formés selon une avocate en 45 minutes chrono, sans connaître la dangerosité des produits manipulés, contre une semaine de formation pour les salariés permanents. Nabil Wali est un sous traitant. Il dirigeait une équipe de 20 personnes. Sa femme, qui était sur le site, a été grièvement blessée et handicapée. Aujourd’hui, il a tout perdu (interview). Que disent les avocats de l’usine AZF-groupe Grande Paroisse et du groupe Total ? Même aujourd’hui, nous ne savons rien, c’est dommage, mais ils regrettent de ne pas avoir trouvé de cause possible de l’explosion. Maître Jacques Montferrand est le régional de cette équipe d’avocats de la défense (interview). Quant aux anciens salariés, ils réclament carrément un supplément d’enquête : pour faire la lumière sur le court circuit électrique, l’hélicoptère dit fantôme, la possible double explosion, bref pour trouver une autre explication que la rencontre de deux produits chimiques expliquant l’explosion. Maître Jean-Luc Forget est leur avocat (interview). Et que devient le site de l’ancienne usine AZF ? Le centre de recherche cancer bio santé est sur les rails : et dès septembre les laboratoires Pierre Fabre inaugurent leurs nouveaux bâtiments de recherche. Il y aura ensuite des laboratoires de recherche publique et privés, et un hôpital du cancer en 2013. La page se tourne et la catharsis se fait avec le procès. Un dossier de Stéphane Iglésis en direct de Toulouse.

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