A deux jours de France-Irlande, Géraldine Hallot et Philippe Randé sont allés prendre la température chez les supporters de l’Équipe de France, mais aussi chez les autres.

Supporters des Bleus lors du match France-Albanie à Marseille
Supporters des Bleus lors du match France-Albanie à Marseille © Maxppp / PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP

Le vendredi 10 juin au stade de France, après France-Roumanie remporté par les Bleus, les cris de victoire ne résonnaient pas très fort : une petite victoire 2 à 1 avait provoqué beaucoup de frustration parmi les supporters, devant un match d'ouverture assez peu palpitant. Neuf jours plus tard, à Lille, le dernier match de poule des Bleus s’est terminé sur un 0-0 contre la Suisse, laissant les supporters déçus par l'ambiance dans le stade.

"J’ai vécu l’épopée de 1976, dit Martine, là je peux vous dire c’était magique. Là, pour l’instant on y croit pas trop, ça nous laisse un peu sceptique"_. _Forcément : les supporters français font pâle figure comparé aux irlandais, aux gallois, aux anglais, ou même aux polonais qui sont capables de rester debout à chanter pendant tout un match... même quand leur équipe perd.

Mais patience : "C’est difficile d’être régulier pendant tout le match, comme peuvent l’être les anglais ou les irlandais, dit Florent Soulez, responsable des supporters à la Fédération française de football. Les supporters français n’étaient pas les meilleurs supporters d’Europe voire du monde pendant les dernières années, on ne va pas devenir les meilleurs en deux ans ".

En France, l'Euro se vit dans les bars

L'Euro ne se vit pas que dans les stades, mais aussi et surtout dans les bars et à domicile, et là, les français ne se débrouillent pas trop mal : la France est une terre de mordus de football, comme cet ouvrier de Tarascon, qui travaille dans une usine de pâte à papier et qui chamboule son emploi du temps les jours de match de l'équipe de France : "Je fais les trois-huit et j’ai posé tous les congés qui me restait jusqu’au 10 juillet ".

Hakim est serveur dans un bar. Les soirs de match, son bar est plein de supporters tricolores, et lui-même est un fan de la première heure : "Moi je l’aime beaucoup cette équipe de France, ils sont combattants, ils ne lâchent rien jusqu’à la dernière minute (…) Il y a des jeunes et des joueurs un peu expérimentés, ça fait un bon mix de générations".

A Marseille, sur le marché de la Castellane, les vendeurs de maillots tricolores vendent en moyenne vingt maillots par jour. Dans les cours de récré, les albums Panini "Spécial Euro" font un tabac, à tel point que dans une école de Martigues, les maîtresses les ont interdits, pour éviter que les petits ne s'écharpent autour d'une vignette de Paul Pogba.

Mais à Martigues, on croise aussi des réfractaires au ballon rond. Et pour ceux-là rien à faire, l'Euro ne prend pas : "Je pense que c’est beaucoup mis en avant, plus que ce que ressentent les gens dans la rue" confie un passant , "On essaie de faire passer l’Euro avant la vie professionnelle des gens" dit un autre : "Le pain et les jeux, on sait ce que c’est …mais il faut d’abord le pain !"

Et même si pour ceux-là, une manifestation contre la loi Travail vaudra toujours plus qu'un match de l'équipe de France, promis : si la France atteint la finale, ils jetteront forcément un coup d'oeil à leur téléviseur.

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