La Côte d’Ivoire sera l’un des tests majeurs pour Nicolas Sarkozy dans la future politique de la France en Afrique. Le dossier est très sensible. Peut-on déjà voir un changement dans les relations entre Paris et Abidjan ? Premier témoignage, celui de Simone Gbagbo, inimaginable il y a encore 2 mois. Témoignage de la première dame de Côte d’Ivoire à l’occasion de la promotion de son livre confession qui vient de paraître chez Ramsay. Le plus surprenant dans l’entretien qu’elle a accordé, c’est cet hommage à l’ambassadeur de France auprès de l’ONU, Jean-Marc de la Sablière, considéré jusque là comme le diable pour avoir déposé au conseil de sécurité tous les projets de résolution concernant la Côte d’Ivoire. Sauf pour la dernière résolution en date. Il y a un mois, lorsque la France a proposé d’entériner un accord sur un dialogue direct entre le président Gbagbo et la rebellion qui tenait le nord du pays depuis septembre 2002 - accord qui a abouti à la nomination comme premier ministre du chef rebelle Guillaume Soro. Là donc, tout a changé pour Simone Gbagbo. Dans son livre notamment, elle affirme que l’Elysée n’a eu de cesse de faire perdurer un pacte colonial et de tout tenter pour entrainer la chute de son époux, mais voilà ce qu’elle affirme désormais (interview). De là à vouloir rencontrer le successeur de Jacques Chirac… La députée socialiste ivoirienne la plus influente du pays n’y voit aucune objection (interview). Changement de ton radical donc. Mais à l’Elysée aussi on a déjà donné un premier signe de réchauffement des relations entre Paris et Abidjan. C’est ce qu’affirme en tout cas André Duclos. Il est le délégué de l’UMP en Côte d’Ivoire (interview). Allassane Ouatarra, ex premier ministre ivoirien, c’est l’un des leaders de l’opposition, propriétaire à Neuilly, qui pourrait bien faire les frais d’une prochaine realpolitik à la française. Surtout si le climat actuel de paix, de réconciliation national se consolide. Ce que l’on devrait très vite savoir. D’ici septembre, on saura, nous disait hors micro hier un observateur assez scpetique à Abidjan. Il y a des tensions à tous les niveaux. Entre chefs militaires rebelles, entre responsables politiques de l’opposition qui se déchirent. Et puis il y a des tensions avec l’ONU. Laurent Gbagbo a réclamé ces derniers jours l’abandon de toute certification onusienne pour l’organisation du prochain scrutin présidentiel. Il y a aussi le sort de milliers de victimes de ce conflit ivoirien. C’est souvent l’une des conditions de sortie de crise d’un conflit. Le dernier accord prévoit une loi qui efface une bonne partie des exactions commises par les combattants des deux camps. Une loi qualifiée aussitôt de loi de l’impunité par Amnesty internationale. Salvatore Sagues est chercheur pour l’ONG de défense des droits de l’homme (interview). Un dossier d’Emmanuel Leclère.

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