Un reportage signé Charlotte Piret Ces Etablissements pénitentiaires pour mineurs ont vu le jour en 2007. Ils accueillent un peu moins de la moitié des 792 mineurs détenus en France. Et ces dernières semaines, ils défrayent l'actualité : agressions, insultes, rebellions... Une journée de mobilisation était organisée hier par les syndicats pour dénoncer cette situation. Pourtant, au départ, tout semblait presque parfait, un peu comme ces dessins d'architectes : des courbes, des couleurs, de la verdure et un bâtiment qui, une fois construit, n'y ressemble plus vraiment. Sur le papier, les établissements pénitentiaires pour mineurs c'est : - l'intention louable d'apporter de l'éducatif en prison, - un budget conséquent : 12 millions euros pour chaque construction, une journée de détention autour de 300 euros par détenu - et le rassemblement autour du projet d'éducateurs, surveillants pénitentiaires, professeurs, médecins. Mais très vite, Lionel Perrin, de l'Observatoire international des prisons, constate de multiples violences. Interview de Lionel Perrin C'est d'ailleurs en raison de ce projet collectif qu'on a d'abord parlé de "lycées carcéraux". Christophe Millescamps, qui est le directeur de l'EPM de Quiévrechain, dans le Nord, lui, évoque clairement une prison, mais avec un projet éducatif. Interview de Christophe Millescamps - Comment se déroule une journée d'incarcération dans un EPM? Les heures s'égraignent cours, activités sportives, culturelles, au point même d'en faire un peu trop, selon Maria Ines, éducatrice et secrétaire nationale du SNPES-FSU de la Protection judiciaire de la jeunesse. Interview de Maria Ines Un phénomène accentué par l'architecture de ces établissements : les cellules donnent directement sur l'espace collectif, sans possibilité de se soustraire au regard des autres. Et donc quasiment sans intimité - Sans intimité, voire sans lien avec leur famille. Parfois parce qu'elles ne le veulent pas ; souvent parce qu'elles ne le peuvent pas, explique Alain Dru, secrétaire général de la CGT à la Protection judiciaire de la jeunesse. Interview de Alain Dru - Quelle est la durée des peines en moyenne ? Certains sont là pour 5, 6 ans. Mais généralement, ce sont de courtes peines ou des détentions provisoires pour les 2/3 d'entre eux, au risque, paradoxal, de gêner le travail des éducateurs. La directrice du service éducatif de l'EPM de Marseille s'appelle Michèle Paquentin. Interview de Michèle Paquentin Faut-il que les adolescents restent plus longtemps dans ces prisons, ou qu'il n'y entrent pas du tout ? Vous comprendrez que la question est loin d'être tranchée.

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