Collège
Collège © MaxPPP / Bertrand Bechard

Cette réforme prévoit de l'aide personnalisée dès la sixème, des enseignements pratiques interdisciplinaires dès la cinquième ainsi qu'une deuxième langue vivante. Réforme qui suscite beaucoup de contestations.

Sonia Bourhan est allée au collège Henri Matisse à Garges les Gonesse dans le Val d'Oise, collège classé REP réseau d'éducation prioritaire.

Un collège où tout n'est pas encore prêt. Et pourtant ce collège a expérimenté dès cette année certains pans de la réforme notamment les EPI , les enseignements pratiques interdisciplinaires.

Mais la principale Véronique Kéros redoute la rentrée.

Nos expérimentations, nous en sommes contents. Mais nous allons devoir les généraliser. On apprécie actuellement l'ampleur du travail et des difficultés

Parmi les difficultés, LE problème numéro un, pour travailler en interdisciplinaire, c'est le temps de concertation nécessaire. Hors du temps de classe et non rémunéré.

Sarah Lemasle est professeur de français et formatrice pour la réforme.

Il va fallloir trouver beaucoup de temps pour se rencontrer

Autre souci, les changements d'équipe. Dans ce collège l'an dernier, la moitié des professeurs étaient nouveaux dans l'établissement.

Typhaine Quatreuil , professeur d'histoire géographie, part dans un autre collège à la rentrée, elle ne connaît pas encore ses futurs collègues et se demande ce qui l'attend.

Je ne sais pas comment les chefs d'établissements vont gérer ce problème des EPI qui ne sont pas obligatoires pour les collègues, mais qui doivent être mis en place dans les collèges

La réforme donne en effet plus d'autonomie au chef d'établissement qui va arbitrer entre les différents EPI. Farida Adjou , professeur d'espagnol, du syndicat CGT Educ'action, ressent déjà la concurrence.

Les chefs d'établissements vont décider avec leurs équipes de qui fait quoi. En tout cas, c'est très très tendu en salle des profs

Il y a quand même des points positifs, deux essentiellement.

Tout d'abord, c'est primordial, l'effet sur les élèves. La conseillère principale d'éducation Nathalie Genest voit un changement très net sur la motivation des élèves

A partir du moment où on a une classe à projet, on a des classes où le décrochage scolaire ne se fait plus

Deuxièment, les professeurs qui ont testé les EPI apprécient de travailler à deux, comme le dit

Yacine El Bouga , professeur de technologie. Il a travaillé avec un enseignant de SVT, sciences et vie de la terre.

C'est déjà très confortable d'être en coanimation. Ca donne plus de cohérence aux enseignements pour les élèves

C'est peut-être ce qui permettra de convaincre les plus réticents. Mais il aurait sans doute fallu plus de temps de préparation. Surtout que les programmes changent aussi pour tous les niveaux.

Tout le monde reconnaît que ce sera certainement la pagaille à la rentrée et que la première année sera difficile .

La réforme du collège
La réforme du collège © Radio France
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