Chaque année, à Pâques, des centaines d'adultes sont baptisés. On les appelle les « catéchumènes ». Ces nouveaux catholiques reçoivent tous le baptême au même moment, à l'occasion de la veillée Pascal - c'était samedi soir. Etonnamment, depuis plusieurs années, leur nombre augmente en France. C'est en quelque sorte le seul indicateur au vert au sein de l'Eglise catholique de France. Les baptêmes d'adultes ont augmenté de 16% entre 99 et 2007 (il y en a eu près de 2.700 cette année). Pourtant, sur la même période, tous les autres chiffres témoignent d'un déclin de la tradition catholique : moins de baptêmes de nouveaux-nés, moins de mariages religieux, moins de pratiquants. Alors d'abord, retour sur la cérémonie. Samedi soir, église Saint-Pierre-du-Gros Caillou, 7ème arrondissement de Paris, le curé s'adresse aux 6 catéchumènes qui doivent être baptisés dans cette paroisse. Puis, vient le rituel : un peu d'eau baptismale versée sur les têtes, un vêtement blanc remis à chacun et à la fin de la cérémonie. Les néophytes (comme on les appelle) ont donc été adoptés par la paroisse, après deux ans de préparation avec un accompagnateur. Parmi ces néo-baptisés, Corinne. Elle a 37 ans. Elle correspond au profil du catéchumène moyen : plutôt une femme (c'est le cas 7 fois sur 10), une femme qui vit en milieu urbain et qui appartient à cette génération entre 25 et 40 ans. Après mai 68, beaucoup de parents ne baptisent plus leurs enfants (interview). Souvent, ces nouveaux catholiques craignent le regard des autres sur leur démarche. Une majorité d'entre eux ne sont pas de tradition chrétienne et il est parfois difficile de faire comprendre un tel choix à son entourage. Par exemple, si l'on vient d'une famille juive ou musulmane. Mais on s'aperçoit aussi (et c'est le cas de Anne, également baptisée samedi soir) qu'il est d'une manière générale difficile aujourd'hui de parler de sa foi (interview). Si le nombre de catéchumènes augmente, c'est aussi parce que l'église s'efforce d'attirer de nouveaux fidèles et elle ne s'en cache pas. D'ailleurs, on pouvait lire samedi sur un panneau lumineux à l'entrée de l'Eglise St-Pierre-du-Gros-Caillou : "Même adulte, vous pouvez recevoir le baptême, informez-vous". Ecoutez ce que dit à ce propos Mgr Patrick Chauvet, vicaire général du diocèse de Paris (interview). Problème pour l'Eglise : nombre de ces nouveaux baptisés, pratiquent peu ou s'éloignent rapidement de la religion. Le sociologue Nicolas De Brémond-d'Ars (également prêtre à la Madeleine) a dirigé la seule enquête sur le catechuménat en France (interview). L'Eglise met souvent en avant le catechuménat pour montrer sa vitalité, mais ces néo-baptisés seraient donc un peu inconstants. Surtout, ils représentent une infime partie des quelques 4 millions de pratiquants réguliers en France. Une enquête de Franck Mathevon.

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