Les députés entament enfin l'examen du projet de loi contre les dérives du crédit à la consommation, déja voté en juin dernier au Sénat. Et avec la crise, le surendettement a beaucoup augmenté. Cela concerne plusieurs millions de personnnes. Près de 800 000 ménages sont suivis par la banque de France, où le nombre de dossiers a augmenté de 15% l'année dernière. Annick Bidan est la directrice de l'association Crésus à Paris. Elle reçoit chaque semaine dans le 19è arrondissement de Paris. Première étape : le bilan financier (interview). Ces prêts à 21%, ce sont surtout les crédits revolving, ces réserves d'argent renouvelables que mettent à votre disposition les organismes de crédits, filiales de grandes banques, liés à des grands magasins. On les retrouve dans presque tous les dossiers avec souvent des personnes modestes, comme cette assistante maternelle (interview). A l'origine du surendettement en général, les accidents de la vie et les fluctuations de revenus. Mais le feu est attisé par la banque raconte ce musicien qui doit encore 30 000 euros (interview). Son dossier a été accepté par la commission de surendettement. 18 mois de répit avec un moratoire sur les dettes, avant un réexamen du dossier. 12 lois encadrant le crédit à la consommation ont été votées en moins de 20 ans et la plupart des associations jugent le projet actuel encore insuffisant. Il prévoit de nouvelles obligations pour les organismes de crédit : plus d'information, un délai de rétractation plus long, mais il ne fait pas de prévention. Le gouvernement, sous la pression des banques, refuse de créer un fichier comme en Allemagne ou en Belgique qui recenserait les crédits pour éviter qu'une personne n'en souscrive plusieurs, voire 60 ou 70 dans les cas extrêmes rencontrés par Crésus. Nelly a accumulé les crédits pendant 10 ans, pour aider sa famille, ou faire face à des imprévus, mais avec la honte, impossible de mettre fin à la spirale (interview). Autre problème : le traitement des dossiers est trop long. Et il est souvent créateur d'exclusion. La procédure de rétablissement personnel, avec l'effacement des dettes, ne concerne qu'une minorité de dossiers. 40 000 l'année dernière. Dans les autres cas, les commissions de surendettement imposent un plan de remboursement, drastique. Georges Kraucz a fait deux livres de ses 11 ans de calvaire comme il dit (interview). Les associations comme Crésus espèrent que les députés durciront le projet de loi du gouvernement. ____ Un reportage de Sara Ghibaudo.

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