Un reportage signé Bruce de Galzain Il faut d'abord savoir que le cas français est unique au monde car 75% de notre électricité est d'origine nucléaire. Nous avons donc principalement misé sur cette énergie depuis plus d'un demi-siècle. Combien nous coûterait une sortie du nucléaire et donc le démantelement de nos réacteurs (nous en avons 58) ? On ne peut pas le chiffrer, selon Gilles Leblanc, professeur d'économie à l'Ecole des Mines Paris-Tech. Interview de Gilles Leblanc - L'hypothèse d'une sortie du nucléaire n'a donc pas été étudiée par les pouvoirs publics, mais sait-on ce que l'on perd si l'on quitte le nucléaire ? Dans un premier temps, on perd de l'argent, car notre électricité est pour l'instant la moins chère d'Europe et pour notre économie, le nucléaire est aussi un secteur d'avenir selon Colette Lewiner. Elle dirige au plan mondial le secteur de l'énergie chez Capgemini. Interview de Colette Lewiner - Mais en matière d'énergie renouvelable, la France n'est pas mal non plus. Nous avons la quasi-totalité des énergies renouvelable avec le photovoltaïque, l'éolien, la biomasse, la géothermie mais nous avons beaucoup moins investi de manière durable sur ces énergie. Car lorsque l'on investit à fond dans le nucléaire, on investit moins dans le reste. Il faut donc choisir, mais ce choix peut aussi montrer ses limites selon Patrick Criqui, chercheur au CNRS. Il dirige à Grenoble le laboratoire d'Economie du développement durable et de l'énergie. Interview de Patrick Criqui Et pourtant, un scénario existe bel et bien, un scénario de transition énergétique, qui ne se limite pas à la seule sortie du nucléaire. C'est l'association Négawatt qui l'a élaboré il y a déjà 8 ans. Son idée : consommer moins d'énergie, tout simplement, éviter la surconsommation que l'on connaît tous et développer l'efficacité énergétique. Sobriété et efficacité permettraient de réduire de 50% notre consommation d'énergie sans changer de mode de vie. Mieux encore, selon Thierry Salomon, il est ingénieur et président de Négawatt, de trés nombreux emplois seraient créés. Interview de Thierry Salomon Négawatt présentera un scénario plus approfondi, plus ambitieux encore, d'ici l'été, pour nourrir le débat de 2012, même si Nicolas Sarkozy se dit toujours "convaincu" de la pertinence du choix du nucléaire.

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