Un livre fait parler les salariés qui travaillent dans les open-space, ces bureaux sans cloisons - symboles de modernité et de performance pour les entreprises. « L'open-space m'a tuer » est l'un des succès de librairie de la rentrée. Beaucoup de salariés s'y reconnaissent. Les open-space ont envahi 60% des entreprises françaises d'après Actinéo, l'observatoire de la qualité de vie au bureau. Monique et Delphine travaillent dans l'informatique, avec plus de 50 personnes dans leur pièce, et souvent les nerfs à vif (interview). Alexandre Des Isnards a écrit « L'open-space m'a tuer », après 10 ans d'expérience dans la communication. Au-delà du bruit et du manque d'intimité, il décrit aussi des logiques moins avouables (interview). L'open-space pourtant, ce n'est pas une nouveauté. Il revient même de loin d'après Alain D'Iribarne, chercheur au CNRS (interview). Quel changement de statut pour les cadres d'aujourd'hui ramenés en quelque sorte aux conditions de travail des OS du tertiaire des années 30 ? Parfois, vous n'avez plus de bureau attribué. Vous vous installez dans l'open space là où il y a de la place, comme chez IBM ou pour certains ingénieurs de Renault. Comme il y a toujours une partie du personnel absent, on économise encore plus de m2. Certains techniciens et cadres n'ont plus de bureau du tout - c'est le nomadisme. Avec votre téléphone intelligent et votre ordinateur portable, vous pouvez travailler tout le temps et partout, mais vous n'avez plus de bureau nulle part. Aujourd'hui pourtant, les entreprises cherchent souvent des compromis. Au siège de Coca-cola France près de Paris, on a aménagé des bureaux avec 8 personnes au maximum. Et à côté, des petites salles pour ceux qui veulent passer un coup de fil tranquilles ou recevoir un client. Yves Picot, le responsable des services généraux, s'efforce de remettre un peu de convivialité dans l'open-space (interview). Finalement, on remet des barrières, on cherche une convivialité un peu forcée : les plantes vertes sur catalogue ou la machine à café avec un baby-foot. Des méthodes infantilisantes estime Alexandre Des Isnards, souvent employées par des entreprises pour qui les jeunes cadres de la génération RTT ne veulent pas travailler. Elles voudraient donc faire croire que le travail c'est cool - qu'est-ce qu'on s'amuse - à l'image des start up américaines. Un reportage de Sara Ghibaudo.LIVRE : « L'open-space m'a tuer », d'Alexandre Des Inards et Thomas Zuber, chez Hachette Littératures.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.