Bill Gates est de passage à Paris. Le créateur de Microsoft n'est pas venu profiter des charmes de la capitale mais signer un accord de partenariat en recherche. Microsoft research, la branche recherche du géant mondial de l'informatique s'associe avec l'INRIA, l'institut national de recherche en informatique et en automatique, un organisme public français d'excellence. Microsoft research c’est 5 laboratoires dans le monde : Redmond, San Francisco, Cambridge, Pékin et Bangalore en Inde. Paris est le petit dernier. Sophie Bécherel est en chine pour visiter des laboratoires de recherche dont celui de Microsoft. Le laboratoire français qui sera installé en banlieue parisienne ne démarrera ses travaux qu'en janvier. Il s'agit de recherche à long terme. C'est effectivement de la recherche pure, très en amont, que feront les informaticiens du laboratoire commun. Autrement dit, les résultats ne sont pas attendus sous forme de logiciels prêts à la vente dans les 18 mois. Les questions posées sont assez fondamentales, abstraites. 2 domaines clés de l'informatique ont pourtant été retenus. Interview de Bernard Ourghanlian, directeur de la technologie et de la sécurité chez Microsoft France. Et la preuve formelle dont parle Bernard Ourghanlian, c'est un moyen de rendre plus sûrs et plus fiables les logiciels. Quand un ordinateur est capable d'utiliser les mathématiques et l'informatique pour démontrer seul des choses comme par exemple un théorème, c'est une preuve formelle. Microsoft et l'INRIA ont procédé à un galop d'essai il y a quelques mois avec le théorème des 4 couleurs. Enoncé en 1853, par Françis Guthrie, ce théorème indique que 4 couleurs suffisent pour colorier une carte de France de telle sorte que 2 départements voisins soient toujours de couleurs différentes. Aucun homme n'avait réussi à venir à bout de ce théorème et bien la machine, avec un mélange de langage mathématiques et informatiques, elle, y est parvenue. On a l'air assez loin de la production de logiciels qui est pourtant le coeur de métier de Microsoft comme on dit. Et c'est d'autant plus surprenant que Microsoft, qui depense 20% de son chiffre d'affaire chaque année en recherche et développement, ne poursuit qu'un but : faire émerger des idées dans la tête de ses chercheurs pour les transformer ensuite en nouveaux produits informatiques. Pourquoi ce sera différent à Paris ? Et bien parce que c'est avec la branche recherche de la société de Seattle que se signe l'accord. La mise en commun de matière grise se fera dans un premier temps à toute petite échelle : une dizaine de personnes - pas plus - et jusqu'a 50 / 60 d'ici quelques années. Ils travailleront en toute liberté, ce qui signifie sans pression du marche, avec des moyens financiers tenus secrets. C'est la fine fleur de l'informatique qu'on va marier. Et Bernard Ourghanlian ne tarit pas d'éloge sur la dot de l'INRIA. Interview de Bernard Ourghalian. Une question se pose sur la propriété intellectuelle. Quand on travaille dans un laboratoire public, on doit publier ses résultats pour être jugé par ses pairs. Est-ce que Microsoft, poids lourd de l’économie, va accepter cette règle du jeu ? Il y a eu des discussions là-dessus depuis le printemps, date des premiers contacts. Et ça n'a pas été facile de faire converger les droits juridiques francais et américains. Mais Jean-Pierre Verjus, directeur scientifique et porte parole de l'INRIA, pense que tout est résolu. Interview de Jean-Pierre Verjus. Il y a à Pekin un centre semblable de recherche, et on accueille le petit dernier français avec l'indifférence la plus totale : nez sur le guidon. Un dossier de Sophie Bécherel, journaliste spécialisée sur les questions scientifiques à France Inter.

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