Alors que « Libération » cherche une solution de survie, et que la diffusion totale de la presse quotidienne nationale a baissé de 5% ces douze derniers mois, les éditeurs de presse ne s'avouent pas vaincus. Les patrons de tous les quotidiens nationaux se sont réunis hier, pour lancer leur première campagne de publicité commune, qui débute aujourd'hui, à destination des annonceurs. Le message est clair : la presse quotidienne a de l'avenir. Un peu énervés, les patrons de presse réunis hier sous l'égide du SPQN, le syndicat de la presse quotidienne nationale. Fatigués d'entendre tous les jours l'homélie funèbre de la presse quotidienne payante, agonisante sous les coups de boutoir des gratuits et de l'internet. Ainsi, précisa l'un des membres du syndicat, dans le même temps, la presse magazine d'actualité a aussi connu une baisse de sa diffusion - jusqu'à -10% pour « Le monde 2 » - sans susciter les mêmes commentaires alarmistes. La presse quotidienne est certes une industrie qui traverse une crise, même si certains de ses membres, comme « L'Equipe » et « Les Echos », sont en pleine forme. Une crise, mais pas une extinction programmée. Car contrairement aux idée reçues, ni les gratuits ni internet ne tuent la presse quotidienne. Francis Morel est président du syndicat et directeur général du Figaro (interview). Ainsi le site du Monde fait jeu égal avec Yahoo en nombre de visiteurs mensuels, et celui de Libération devance MSN. « Le Monde », « Libé », « Le Figaro » existeront encore à coup sûr dans 30 ans. En tous cas sur internet. Mais quid du bon vieux journal papier qui tâche les doigts? Et que l'on peut emmener partout, plié dans sa poche… Ce que les éditeurs appellent dans leur campagne « le premier média mobile, dont la réception est toujours parfaite ». Le problème, plus que la mobilité c'est la disponibilité. 1500 points de vente de presse ont fermé ces 7 dernières années. Acheter son journal tous les matins en France c'est compliqué, comme l'explique Christophe Chenut, directeur général de « L'Equipe » (interview). L'objectif est d'arriver à 33 000 points de vente en 2010. Mais pourquoi les Français sont-ils de si faibles lecteurs de presse quotidienne par rapport à leurs voisins européens ? La comparaison avec l'Allemagne ou la Grande-Bretagne fait mal. 190 Français sur mille lisent un quotidien, contre 400 Britanniques et 345 Allemands. Et ce n'est pas qu'une question de point de vente. Il y a aussi un problème de contenu, que souligne notamment la désaffection des jeunes à l'égard de la presse quotidienne payante. Pour François Dufour, le fondateur de Play Bac, qui édite 4 quotidiens pour enfants, (2,5 M d'exemplaires), le problème des quotidiens français, c'est qu'ils ne sont pas en phase avec leurs lecteurs. Allez une proposition qui ne mange pas de pain. Sur le modèle de ce qui se fait chez Play bac, où tous les matins des enfants sont invités à participer au choix des sujets. A quand la traditionnelle conférence de rédaction du Monde (debout dans le bureau du patron) ouverte aux lecteurs ? Un dossier de Corinne Audouin.

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