L'écologie politique ne s'impose pas au niveau national. Pourtant une vingtaine de villes de plus de 1.000 habitants ont un maire écolo. Comment sont-elles gérées ?

A Loos-en-Gohelle, des panneaux solaires sont installés au pied des anciens terrils
A Loos-en-Gohelle, des panneaux solaires sont installés au pied des anciens terrils © Maxppp / PhotoPQR/La Voix du Nord

Première étape à Loos-en-Gohelle dans le Pas-de-Calais, sur la base 11/19. "On est entourés de terrils, qui font la particularité du bassin minier, et qui ont été réhabilités pour l'accueil de structures touchant à l'environnement et au développement durable", explique Patrick Hoff, guide patrimoine et environnement.

L'écologie comme stratégie de sortie de crise

Faire d'un territoire meurtri par le développement non durable de la mine un modèle de développement durable : c'est le projet politique du maire de Loos-en-Gohelle depuis 15 ans. Jean-François Caron, adepte de l'économiste américain Jérémy Rikin, fait de l'écologie appliquée : énergies renouvelables, récupération d'eau de pluie, de panneaux solaires, etc. Pour lui, c'est presque une philosophie :

"C'est quand la dernière fois que vous avez rêvé ?"

Jean-François Caron appelle à la réhabilitation du rêve en politique. "Il faut redonner une vision de long terme, quelque chose qui nous fait rêver, en rythmant vers le chemin vers l'étoile inaccessible de petits cailloux blancs de transformation. La toiture solaire de notre église est un de ces petits cailloux blancs vers une ville durable".

Dans cette commune où 60% des habitants ne paient pas l'impôt sur le revenu, l'écologie est érigée en stratégie de sortie de crise. Mais cela repose surtout sur la personnalité du maire, selon Yves Portelli, rédacteur en chef du quotidien La Voix du Nord, qui le définit comme un "politique qui ne fait pas de politique". Résultat : lors des dernières municipales, pas de liste concurrente, le maire EELV a été réélu au premier tour avec 81% des voix !

Concertation avec les habitants

Des terrils au béton de la banlieue parisienne, direction Arcueil dans le Val-de-Marne. Collé au périphérique, cet ancien bastion communiste est aujourd'hui la seule ville du département gérée par un maire EELV : Daniel Breuiller, élu sur une liste d'union de la gauche, a rejoint le parti il y a cinq ans.

A Arcueil, on réhabilite, on crée un réseau de chauffage par géothermie ou on remet de la nature en ville via des jardins protégés, le tout en concertation avec les habitants. "Lorsque vous dites à un architecte que si leur projet n'est pas conforme il peut être rejeté par une décision des citoyens, je vous jure qu'ils prend plaisir à travailler en écoutant beaucoup mieux les attentes", confie Daniel Breuiller.

Pour Dominique Jacquin, élu Modem et chef de file de l'opposition républicaine, l'écologie, pourquoi pas, mais il faudrait aussi plus de sécurité. "Il y a un blocage idéologique, ça ne fait pas 'gauche', on nous renvoie vers la police nationale mais on sait que celle-ci ne va pas suivre de près les quartiers. Il faudrait aller vers des mesures plus sécuritaires". Le Front national, quant à lui, demande la création d'une police municipale.

Blocage psychologique

Si ça fonctionne dans les villes, pourquoi l'écologie politique ne s'impose-t-elle pas au niveau national ? Il y a d'abord le système politique français, un scrutin majoritaire à deux tours qui ne les favorise pas. Mais il y a aussi des freins psychologiques : "il reste un préjugé : vont-ils être capables de gérer la sécurité, par exemple ?" explique Daniel Boy, politologue et directeur de recherche à Sciences Po.

"Ce qu'on peut souhaiter aux Verts, c'est d'arriver un jour à dépasser ce blocage !"

A cela s'ajoute enfin la fragilité du parti Europe Ecologie - Les Verts. D'ailleurs, si les maires d'Arcueil et de Loos-en-Gohelle ont voté au 1er tour de la primaire, tous deux pour Cécile Duflot, ils sont volontairement très éloignés de la vie de leur parti.

L'équipe

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.