Cette maladie, présente depuis plus d'un an en France, touche les animaux d'élevage. Du Nord Pas de Calais à l'Auvergne en passant par les Ardennes et la Bourgogne, un tiers du pays est aujourd’hui concerné. Pour en savoir plus sur la fièvre catarrhale ovine, direction la « zone interdite », là où le déplacement et la vente d'animaux sont strictement règlementés. Arnaud Woimant habite en Picardie à Iviers. C'est un jeune agriculteur éleveur de vaches qui se trouve depuis plus d'un an au coeur de la zone interdite - une zone qui recouvre plusieurs départements du Nord Pas de Calais, de Picardie et Champagne Ardennes - où le commerce des animaux est strictement sous contrôle (interview). Cette maladie est une fièvre qui, contrairement à ce que son nom indique, ne touche pas que les moutons mais tous les ruminants. L'animal touché devient très faible. Il perd énormément de poids. Une vache touchée ressemble un peu aux vaches sacrées indiennes ou aux zébus africains très maigres. Ensuite, comme chez notre agriculteur, il y a des risques de mortalité : 25% des animaux contaminés chez les moutons 1 ou 2% chez les vaches. La contamination se fait via un moucheron très difficile à repérer, comme l'explique Thierry de Ruiter, le directeur des services vétérinaires de l'Aisne (interview). Et visiblement, la contamination aurait démarré avec un moucheron africain qui serait arrivé à Maastricht, dans un container de fleurs ou via une antilope livrée au zoo de la ville. Il est encore trop tôt pour chiffrer les pertes mais un exemble simple chez Benoît Leveque, éleveur de moutons texel plutôt haut de gamme, un bélier reproducteur se vend autour de 500/600 euros. Maintenant, il ne pourra en espérer que 150 lors des ventes au moment des fêtes de l'Aïd el kebir (interview). Le moral est au plus bas chez ces agriculteurs qui attendent une solution rapide - pas uniquement de l'argent à l'image de Mathieu Canon, adhérent des jeunes agriculteurs (interview). Le consommateur ne court aucun risque pour plusieurs raisons. Un animal malade de toute façon ne passe pas la porte d'un abattoir donc ne rentre pas dans la chaine alimentaire. Par ailleurs, la maladie ne se transmet qu'aux animaux via le moucheron. Il n'y a strictement aucune crainte à avoir pour nous consommateurs. Un dossier de Philippe Lefèbvre.

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