L'anonymat du don de gamètes pourrait-il être levé par le nouveau projet de loi de bioéthique présenté en fin d’année ? Même si tous les enfants issus d'une Procréation médicalement assistée avec dons ne souhaitent pas rencontrer leur donneur, des associations militent pour "un accès à ses origines".

Micro-injection par pipette d'un spermatozoide dans un ovocyte
Micro-injection par pipette d'un spermatozoide dans un ovocyte © AFP / Marcel Mochet

Hélène Chevallier a rencontré Pauline, 27 ans. la jeune femme fait partie des 70 000 personnes nées grâce à un don de sperme fait en France. Ces dons sont protégés depuis plus de 40 ans par l’anonymat. Pauline a toujours voulu connaitre ses origines.

C'est quelque chose que j'ai toujours eu en moi parce que je ne ressemble pas à mes parents. J'ai toujours cru que j'étais adoptée ou qu'on m'avait changée à la naissance.

Lorsque ses parents divorcent, sa mère lui annonce qu'elle a été conçue grâce à un don de spermatozoïdes. Pauline a alors 18 ans.

Quand ma mère m'a dit ça, j'ai dit je veux savoir qui c'est

Il y a quelques mois, Pauline a entendu parler de l'histoire d'Arthur Kermalvezen lui aussi issu d'un don de sperme. Le trentenaire a retrouvé son donneur grâce à un test ADN acheté sur internet. Commercialisés par des entreprises américaines, ces tests sont illégaux en France. Elles comparent l'ADN de millions de personnes qui ont réalisé les mêmes analyses salivaires.

Pauline, 27 ans, aimerait connaitre ses origines
Pauline, 27 ans, aimerait connaitre ses origines © Radio France / Hélène Chevallier

Pauline a déjà fait trois tests. Les résultats des deux premiers n'ont pas permis de trouver de correspondance. Elle attend maintenant ceux du troisième.  Ils lui permettront au moins de savoir si son frère lui aussi issu d'une PMA a le même donneur qu'elle. 

Même mes parents ne savent pas si nous avons le même donneur

Dans l'association PMAnonyme, ils sont une soixantaine a avoir réalisé des tests d'ADN. Cinq ont retrouvé leur donneur, 13 ont identifié un demi-frère ou une demi-sœur génétiques. Pour son président Vincent Bres, les tests ne sont pas la solution idéale.  mais c'est la seule.

Vincent Bres, président de l'association PMAnonyme, qui milite pour la levée de l'anonymat
Vincent Bres, président de l'association PMAnonyme, qui milite pour la levée de l'anonymat © Radio France / Hélène Chevallier

Notre demande est pour qu'après une loi  il n'y ait plus à subir, à se retrouver face au mur de l'anonymat

En France,  les CECOS sont en charge du recueil et de la conservation des gamètes. Depuis quelques mois, la fédération de ces centres réfléchit à une évolution. Si la levée de l'anonymat n'est pas envisagée, l'accès à des données non identifiantes comme les antécédents médicaux est la piste qui fait le plus consensus.  

Savoir si le donneur a un enfant ou pas, le nombre d'enfants conçus avec ce don, l'origine géographique etc. Ces pistes sont en train d'être évaluées. L'idée c'est que ces données ne puissent pas un jour perturber les enfants en demande. Rachel Lévy, chef de service du CECOS de l'Hôpital Tenon à Paris 

Si elle se retrouve dans la future loi de bioéthique, cette avancée ne concernera que les enfants nés après sa mise en application. Aucune rétroactivité n'est en effet envisagée pour les 70 000 personnes déjà nées d'un don de gamètes. Sauf si les parlementaires n'en décident autrement.

► ALLER PLUS LOIN

Sur le site des CECOS : Pourquoi limiter le nombre d'enfants nés d'un même donneur ? 

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