Après l'annonce mercredi dernier de la fermeture de l'usine Peugeot à Ryton qui laisse 2300 salariés à la porte, la région des Midland anglais voit se terminer une époque de son histoire. Dans les bassins de Birmingham et Coventry, les constructeurs les plus prestigieux - Ford, Bentley, Jaguar, Peugeot, Land Rover, mais surtout MG Rover - avaient implanté des unités de productions. Elles ferment toutes les unes après les autres. Eric Valmir rentre juste de Birmingham. Cela ressemble un peu aux univers des films de Ken Loach, ce cinéaste anglais qui aiment dépeindre le climat social de son pays. Des salariés aux épaules voutées par le choc de l'annonce de fermeture, mais un geste fataliste et un sourire parce qu'il faut bien continuer. L'an dernier, MG Rover à Longbridge fermait. Au total avec la sous traitance, c'était 18 000 emplois qui disparaissaient. Nous étions en pleine campagne des législatives. Personne n'avait bougé. Donc les salariés de Ryton savent bien que la cause est entendue et qu'il faut chercher ailleurs autre chose. Ils n'ont même pas suivi l'appel à la grève lancé par les syndicats. Ryton c'est un lieu dit entre deux bretelles autoroutières. On est loin du mythe de la cité ouvrière, et sur le parking del'usine, les salariés disaient en petit comité leur écoeurement et leur déception. On a bossé ici de père en fils voire de grand-père en petit fils. La presse a été très discrète, la presse mais aussi la population. Quelques déclarations politiques de bonnes intentions, quelques élus locaux parce qu'on vote à Coventry le 4 mai. Parmi les voix qui se sont élévées contre Peugeot, celle de Jeffrey Robinson, influent président du club de foot de Coventry et ancien cadre de Jaguar (interview). Parmi les industries encore en sursis, Land Rover à Solihull, qui affiche une bonne santé grâce à un modèle : la Discovery. Mais ce succès ne fait pas oublier les tensions d'il y a depuis 3 ans. Caroline Spelman, députée conservatrice du Méridian, est sceptique à long terme. C'est indéniablement la fin d'une époque (interview). La flexibilité finalement érigée en principe, le fameux modèle anglo saxon. Le gouvernement Blair encourage les reconversions dans des emplois de service très nombreux dans la région de Birmingham. Emplois précaires et moins bien rémunérés mais qui donnent à l'Angletterre un des taux de chomâge les moins importants d'Europe. Roger Duclos Williams, à l'Université De Warwick, le résume d'une formule : vaut mieux un emploi moyen que pas d'emploi du tout (interview). Un dossier d'Eric Valmir, reporter à France Inter.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.