Ce matin, à Paris, Laurence Parisot, la présidente du Médef, réunit 5 mille chefs et dirigeants d'entreprises. Elle va dévoiler son "Livre blanc" (intitulé "Besoin d'air") - une série de propositions, sensées inspirer, guider les candidats à la Présidence de la République. En fait, les contributions patronales, en cette période électorale, ne manquent pas : il y a même profusion. Et hier - doublant, du coup, le Médef - c'est la CGPME qui organisait une rencontre avec Nicolas Sakozy. L'Organisation des Petites et Moyennes Entreprises a décidé de poser 15 « grandes » questions aux candidats et les invite, à venir exposer leurs idées. Jean-Marie Le Pen, François Bayrou, Marie-Geoge Buffet et Ségolène Royal (qui n'a pas encore confirmé) sont attendus, mais on peut parier qu'aucun n'aura l'accueil réservé, hier, à Nicolas Sarkozy. Avec Jean-François Roubaud, le président de la CGPME, ils sont, clairement, sur la même longueur d'onde (interview). Nicolas Sarkozy, ensuite, a fait un tabac avec son idée de supprimer les charges (et les impôts) sur les heures supplémentaires travaillées. Applaudissements nourris encore avec sa promesse d'alléger l'impôt sur la fortune de ceux qui investissent dans les PMI/PME. Face aux patrons, le candidat de la droite est à l'aise. C'est d'autant plus facile pour lui qu'il y a une mesure, proposée par les Socialistes, qui les inquiète : c'est l'augmentation du SMIC à 1.500 euros. Thibault Beuchèr est à la tête d'une entreprise qui crée et fabrique en France des vêtements (on est dans le textile). 5 salariés à temps plein, 5 emplois « menacés » dit-il (interview). La question du travail est au coeur de cette campagne : Ségolène Royal le dit, comme plusieurs candidats. Mais il y a des patrons qui disent autre chose. C'est le cas de Thomas Chaudron, le président du Centre des Jeunes Dirigeants d'Entreprises, qui défend un « libéralisme responsable ». Il « détonne » quand il dit, notamment, que ce ne sont pas les seules « 35 heures » qui ont mis à mal cette sacro-sainte « valeur-travail » en France (interview). Et c'est pourquoi le Centre des Jeunes Dirigeants propose d'instaurer, un label « entreprise responsable » - des règles sociales et environnementales à respecter - et qui deviendraient la condition pour obtenir des aides publiques ou des allègements de charges. D'une façon générale, on sent bien, aujourd'hui dans le milieu patronal une vraie défiance vis-à-vis des grands groupes mondiaux : ceux qui délocalisent, ceux qui licencient en masse. La question est très sensible. Philippe Sergent est restaurateur à Paris. Sur la question du contrat de travail, des conditions du licenciement, il s'agace (interview). « Médéfien » pour membre du Médef : la charge est assez sévère. Réponse (peut-être) de Laurence Parisot, aujourd'hui avec son « Livre blanc ». Un dossier de Philippe Lefébure.

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