Un reportage signé Nour-Eddine Zidane, en direct de Belgrade, en Serbie Qui sont les meurtriers de Brice Taton ? C’est la réponse que va tenter d’apporter aujourd’hui la justice serbe, 16 mois après le tabassage à mort, de ce jeune supporter de Toulouse, en marge d’un match de Coupe d’Europe de football à Belgrade. Depuis plusieurs années, les Hooligans serbes véhiculent une image de violence. Les incidents dans les stades sont récurrents, mais cette fois-ci, l’agression avait suscité l’indignation du pays. Une agression en plein centre ville, place Obilici Venac, aujourd’hui calme et enneigée, mais très fréquentée lorsque les températures s’adoucissent, avec des bars, des pubs, comme l’Irish où Brice Taton a été agressé. A proximité, une plaque en sa mémoire en français et en serbe : "Il aimait la fraternité du sport. Victime innocente d’une violence aveugle en septembre 2009". Une violence inspirée du hooliganisme anglais : la recherche de la bagarre avant tout, tout en empruntant les codes ultra d’inspiration italienne : des chants, des fumigènes, des banderoles et un soutien inconditionnel de son équipe. Sacha fait partie des Grobari (« croque mort » en serbe), les supporters les plus chauds et les plus fidèles du Partizan. Sweat à capuche noir, cheveux courts et regard clair, il suit de hautes études en géographie. Mais il y a 10 ans, il faisait aussi le coup de poing. Interview de Sacha Car il n’y a pas vraiment de profil type. Ce sont plutôt des hommes de 15 à 35 ans, mais de tous milieux sociaux. On trouve, par exemple, parmi les inculpés, des fils d’ingénieurs ou d’architectes. Les idées nationalistes y trouvent un certain écho, idées véhiculées par des groupuscules d’extrême droite présents en tribune, prônant la défense de la « serbitude », prétexte aux comportements les plus violents. Une violence qui dépasse le cadre du sport. Et c’est d’ailleurs spécifique à la Serbie, avec des Hooligans en première ligne dans l’incendie de l’ambassade américaine à Belgrade en 2008, ou dans les incidents pendant la Gay Pride, voilà 3 mois. Dans les années 90, lors de la guerre civile, certains ont même sévi dans les milices para militaires comme les Tigres. Leur leader, Arkan, recrutait dans les tribunes de l’Etoile Rouge, l’autre grand club de Belgrade. Une violence des supporters héritée de l’histoire, selon Loïc Trégoures, chercheur en science politique, spécialiste des Balkans. Interview de Trégoures Un laxisme, une certaine impunité... Comment réagissent aujourd’hui les autorités actuelles face à ce problème ? Cette lutte « c’est une priorité essentielle du pays », a dit le président Boris Tadic au lendemain de la mort de Brice Taton, « la violence mène au fascisme... C'est une priorité plus importante, même, que l'intégration européenne ». L’U.E, un dossier dont est chargé Bozidar Djelic, le vice Premier ministre. Il espère des condamnations exemplaires dans ce procès. Interview de Bozidar Djelic

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