Les demandes de recherches de proches ont progressé de 30 % l'année dernière pour l'antenne française de l'ONG, suite à la crise migratoire.

Bénévole de la Croix-Rouge française
Bénévole de la Croix-Rouge française © Maxppp / PHOTOPQR/LE PROGRES

C'est l'une des missions fondamentales et méconnues de la Croix-Rouge : celle du rétablissement des liens familiaux. Chaque année, des milliers de familles dans le monde sont séparées par des conflits armés, des catastrophes, des crises humanitaires...

Un travail titanesque : mille dossiers par an, huit à neuf nouvelles demandes chaque jour. Et des enquêtes de terrain souvent fastidieuses. Les itinéraires sont homériques, comme en témoigne cet exemple africain d'Aurélie de Gorostarzu, responsable du service de rétablissement des liens familiaux de la Croix Rouge française : "Ici, le trajet de la demande de recherche, c'est Paris - Genève, au niveau du Comité internationale de la Croix-Rouge... Genève - Kinshasa, Kinshasa - Kigali, et après le dossier de recherche est remis au volontaire qui va se déplacer, avec les moyens de transport qu'il a à sa disposition, dans les différents villages, contacter les différents interlocuteurs, les chefs de village, les églises, les écoles, pour rechercher la personne sur place."

Un des tracts de recherche de la Croix-Rouge
Un des tracts de recherche de la Croix-Rouge © Radio France / Béatrice Dugué

Le service mise également, depuis quelques mois, sur TraceTheFace.org (littéralement "suivez les visages"). Une page qui rassemble plus de 2000 photos de personnes en quête de proches. Par définition, le site est consultable dans le monde entier, et très utile parce que les personnes recherchées peuvent être en mouvement en train de passer d'un pays à un autre.

La Croix Rouge, seule organisation au monde avec un tel service de recherche

C'est le cas depuis 1959, et l'organisme garantit la confidentialité des données. Il s'appuie sur un réseau de 190 bureaux : les officiers ont accès aux données d'état civil, administratives, aux fichiers de prisonniers et de détenus politiques. Durée moyenne des dossiers : deux ans environ. Mais ce n'est qu'une moyenne, selon Marie Ortholary, officier de recherche depuis huit ans.

Une fois qu'on a exploré toutes les pistes de recherche et qu'on n'a toujours pas eu toutes les réponses, on va devoir clôturer [le dossier]. Néanmoins, il y a des dossiers qui sont actifs pendant des années, puisque le travail de fourmi continue... Il y a aussi des archives qui s'ouvrent régulièrement. Et parfois, un détail, une information supplémentaire, revient en mémoire et nous réoriente dans nos recherches.

Les recherches aboutissent dans 40% des cas. Quelques jolies photos en témoignent dans les bureaux des officiers de recherche.

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