Nicolas Sarkozy arrivera en fin de journée, heure de Paris, à Fort-de-France en Martinique. Demain, il sera en Guadeloupe. Le chef de l’Etat veut apporter sa pierre aux états généraux de l’Outre-Mer lancés après les violentes grèves du début d’année aux Antilles. Alors quelle est l’ambiance, à quelques heures de cette visite ? La vie a repris son cours, ici aux Antilles, en Martinique et en Guadeloupe. Le climat reste tendu, en Guadeloupe en particulier, où le conflit a été le plus dur et où le patronat et le LKP continuent de s’accuser de tous les maux. Le président du Medef local, Willy Angel, estime que le mouvement du début de l’année a fragilisé l’économie guadeloupéenne et reproche au LKP d’avoir instauré un climat de peur (interview). De son côté, le leader de l’Union Générale des Travailleurs Guadeloupéens et leader du LKP, Elie Domota, accuse le patronat et le gouvernement de chercher à contourner les accords conclus au mois de mars (interview). Plusieurs grèves sont d’ailleurs actuellement en cours. Quelques stations d’essence ont été bloquées ces derniers jours à Point-à-Pitre. Alors, la population, au milieu de tout ça, semble un peu désabusée. La prime de 200 euros pour les bas salaires va être mise en place. Mais il y a des inquiétudes sur sa pérennité. Et puis lorsqu’ils font leurs courses, les Guadeloupéens ne constatent pas vraiment les baisses revendiquées lors du conflit social. Les grandes surfaces affichent bien une liste de prix en baisse mais beaucoup de Guadeloupéens constatent que cette liste est en partie fictive (interview). Pour beaucoup de Guadeloupéens, aujourd’hui, la vie reste donc chère. Dans ce contexte, comment est accueillie la visite du Président ? Les gens en parlent assez peu ici. En fait, beaucoup affirment ne rien attendre de cette visite présidentielle. « Nicolas Sarkozy va faire son show, il va repartir et rien ne changera ». C’est ce que disait, hier, un Guadeloupéen et c’est le sentiment qui domine chez la plupart des Antillais interrogés. En Martinique comme en Guadeloupe, beaucoup regrettent aussi les conditions de cette visite, qui va se dérouler sous très haute protection. 900 gendarmes mobiles ont notamment été acheminés en renfort aux Antilles pour assurer le bon déroulement de ce déplacement. Il devrait donc y avoir peu de contact entre la population et le Président. Pas de bain de foule au programme, à priori. Et la nomination d’une Guadeloupéenne au secrétariat à l’Outre-Mer ne devrait rien y changer. En fait, beaucoup d’Antillais disent ne pas vraiment la connaître et pour l’instant, son entrée au gouvernement suscite plus de scepticisme que d’enthousiasme. Beaucoup estiment que Yves Jégo ou Marie-Luce Penchard, ça ne change pas grand-chose. L'avis d'une Guadeloupéenne (interview). Cette visite ne devrait pas suffire à réchauffer les relations entre Nicolas Sarkozy et les Antilles. Le chef de l’Etat qui restera d’ailleurs assez peu de temps aux Antilles, 30 petites heures seulement, entre son arrivée en Martinique, aujourd’hui, et son départ de Guadeloupe, demain. Un dossier de Ludovic Fau avec, à la technique, Eric Damagio, en direct de Fort-de-France en Martinique.

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